
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 24 juillet 2021, la ville de Vichy fait partie du bien transnational prestigieux des « Grandes
villes d’eaux d’Europe », qui regroupe 11 cités thermales réparties dans 7 pays, reconnues pour leur urbanisme et leur architecture uniques dédiés
au thermalisme et au bien-être. Les 10 autres villes composant cette prestigieuse inscription européenne sont : Baden-Baden, Bad Ems, Spa (Belgique), Bad Kissingen (Allemagne), Baden bei Wien (Autriche), Montecatini Terme (Italie), Bath (Royaume-Uni), Karlovy Vary, Mariánské Lázně, Františkovy Lázně (République tchèque).
Vichy redécouvre les bienfaits de ses eaux à partir du XVIème siècle. Lors de ses séjours, l’empereur Napoléon III met tout en œuvre pour faire de Vichy la digne rivale des villes d’eaux allemandes alors très réputées. On y vient pour se soigner, se divertir, voir et être vu. Si les vertus des sources ont été bénéfiques à de nombreux curistes, elles ont également eu une influence bienfaisante quant à l’urbanisme et l’esthétisme de la cité thermale.

Trois buvettes furent installées dans le parc. Neuf sources sont encore exploitées dans le bassin de Vichy. Quatre d’entre elles sont consommées par par les curistes dans les buvettes thermales : Chomel, Grande Grille, Lucas et Hôpital, connue depuis 1605 sous un pavillon dessiné par l’architecte F. Aublet (1946). Celle des Célestins est embouteillée. Les sels extraits des sources minérales de Vichy ou de son bassin servent à la fabrication des célèbres pastilles de Vichy.

Le Hall des Sources, aéré et lumineux


Vaisseau de verre et d’acier, unique en France de par sa structure et son toit de pans coupés favorisant le passage de l’air et de la lumière, le Hall
des Sources a été construit en 1903 par Charles Le Cœur et Lucien Woog. C’est dans ce magnifique hall d’époque 1900, devenu le lieu de toutes
les rencontres, que l’on peut goûter aux eaux de Vichy, riches en magnésium. Situé sur le lieu d’émergence des sources Chomel et Grande Grille, à l’emplacement des premiers établissements de bains, le Hall des Sources regroupe les sources principales sur un site accessible afin de faciliter la prise des différentes eaux par les curistes ainsi que le service des donneuses d’eaux. Les vasques de marbre pourvues de robinets à pression sont protégées de la contamination. Le service des donneuses d’eau ayant disparu au début des années 1970 est remplacé par le système du self-service.
En 1928, le hall connaît d’importantes transformations : les grilles du pourtour sont remplacées par des vitres afin de protéger les curistes
des courants d’air, et pour limiter l’effet de serre, la verrière zénithale est surélevée et munie de carreaux en pointes de diamant.
Le Parc des Sources, cœur mondain de la ville d’eaux
L’exercice physique recommandé par les médecins en complément de la cure nécessite l’aménagement d’une promenade à proximité des sources. Imaginé dès 1730, le Parc des Sources, le plus “Ancien Parc” de Vichy, sera réalisé au sud de l’établissement, en direction de la vieille ville. Influencé par sa mère Lætitia venue en cure en 1798, Napoléon Ier décrète l’achèvement de la promenade – entre 1810 et 1812 – dotée d’un bassin circulaire avec jet d’eau – supprimé en 1864. La visite de Napoléon III provoque de nouveaux bouleversements avec la construction du Casino (1865) et son agrandissement, l’aménagement de de galeries promenoirs couvertes, construites en hémicycle, destinées à protéger les curistes des intempéries comme de l’ardeur des rayons du soleil, abritant hôtels et boutiques… D’une superficie de 4,5 hectares, classé Monuments historiques en 1994, très prisé des promeneurs, le parc des Sources a bénéficié d’une vaste campagne de rénovation en 2025.
Source des Célestins : la plus célèbre des eaux

Découverte par des moines au XVeme siècle, déclarée d’intérêt public par décret impérial le 23 janvier 1861, l’eau de la source des Célestins
est la plus connue de Vichy. Quelque peu excentré, face au Parc Kennedy, le pavillon historique de la Source des Célestins, construit au début
du XXème, abrite la source aménagée dans une grotte artificielle. Il est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1986.
Reconnue pour faciliter la digestion et l’hydratation, cette fameuse eau fut découverte au XVème siècle par les moines de la confrérie des Célestins emmenée d’Italie en France par Philippe le Bel, qui bâtirent un immense monastère à Vichy. « A cette époque, le niveau de la ville est beaucoup plus bas et les berges de l’Allier n’existent pas. Un jour, les religieux descendus au bord de la rivière constatent que de l’eau gazeuse au goût particulier coule du rocher situé juste en-dessous du monastère. Ils décident d’aménager un espace pour y avoir accès », raconte Alla Pikohz, guide-conférencière à Vichy Destinations. Ainsi fut découverte la source des Célestins dont, géologiquement, l’eau provient de pluies et de neiges
d’il y a plus de 2000 ans.
Naturellement gazeuse et riche en bicarbonates, l’eau jaillit à une température constante d’environ 22 °C et sa température, comprise entre
22 et 20 degrés Celsius, la classe comme étant la plus froide de Vichy. Avant d’être utilisée, l’eau des Célestins et conduite par canalisation et distribuée dans le Hall des Sources. Aujourd’hui Vichy Célestins est la seule source de la cité thermale embouteillée : plus de 60 millions de
bouteilles par an expédiées dans le monde entier. Pendant longtemps, une publicité en vantait les mérites en vers et en musique : Je bois vichy, Vichy Célestins, Je me sens belle, je me sens bien…


Dégustation gratuite de l’eau de la
seule source thermale de la ville encore exploitée et embouteillée à grande échelle. Construit en 1908, le Pavillon de la Source, de style néo-Louis XVI, a été aménagé dans une grotte artificielle. L’eau jaillit des failles d’un bloc d’aragonite enchâssé dans le bâtiment,
ce qui offre un contraste saisissant avec la sophistication de la cloche de cristal et de verre entourée d’une balustrade en marbre rose.


Buvette Lardy, bel héritage d’une source en sommeil
La source Lardy découverte par forage en 1844 porte le nom de l’un de ses deux inventeurs, Henri Lardy. Surnommée le « thé de Vichy »
car réputée très digeste, connue pour sa forte teneur en gaz mais aussi pour effet euphorisant – elle produisait les mêmes sensations
que le champagne – la source n’est plus exploitée depuis 1969.
Au cœur du parc Lardy, la buvette de la source Lardy est le dernier vestige de l’établissement thermal fermé en 1965 et abritant depuis 2001 le Pôle universitaire. Parfaitement restauré, ce pavillon permettait l’exploitation de la source Lardy découverte au milieu du XIXème siècle. « L’abri date de 1901, la buvette en mosaïque de style Art déco a remplacé la première qui était également en bois », explique Alla Pikohz, guide-conférencière
à Vichy- Destinations. Un griffon a été aménagé vers 1848, dans une vasque en pierre de Volvic, surmontée d’une cloche de verre pour protéger
la source. Un dôme hexagonal et un lanternon terminaient l’ensemble. Deux petits kiosques en bois à toit de chaume abritaient les buveurs, tandis qu’un troisième accueillait les activités d’embouteillage.


Ces différents pavillons seront supprimés en 1902, lors de la construction de l’abri actuel par Antoine Percilly. À la fin du XIXème siècle, divers bâtiments furent aménagés pour produire sels et pastilles, et également pour offrir des distractions aux visiteurs (kiosque à musique, jeu de petits chevaux, billard, restaurant…). Inscrit aux Monunents Historiques, ce pavillon, avec ses 400 000 pièces de mosaïque a été restauré à l’identique lors de la transformation des bains Lardy en pole universitaire en 2001. La buvette sera transformée dans le style Art déco à l’occasion de l’arrivée par canalisation de la source Généreuse en 1925. La cloche en verre est alors supprimée et le pourtour de la source recouvert de mosaïques Art déco, très colorées. Une orangerie, surmontée d’une vaste serre, sera rasée en 1913. Dans le Parc Lardy, comme aux Célestins, les bâtiments sont construits en périphérie du parc : la pastillerie (1896), des magasins ainsi qu’un bâtiment d’embouteillage et un restaurant (1902).
Les parcs des Célestins et Lardy, lieux de transition entre la ville et les parcs d’Allier
En 1862, des conflits avec les propriétaires de la source Lardy aboutissent à la division de l’enclos en deux parcs : d’une part, le Parc des Célestins,
de l’autre, le Parc Lardy, tous deux des lieux de transition entre la ville et les parcs d’Allier. Cette même année, la construction de la digue éloigne définitivement la rivière de la source.
Confisqué à la Révolution française, le monastère de Vichy qui possédait déjà des jardins réputés, a été ruiné et démembré. L’aménagement actuel du parc des Célestins d’une superficie de 15000 m², porte la signature paysagère du Second Empire. Ses chemins escarpés qui disparaissent sous une roche calcaire artificielle, ses allées plantées d’espèces aux essences remarquables lui confèrent une certaine comparaison avec le parc parisien des Buttes Chaumont. D’autres activités, plus sportives, ont très tôt été proposées aux buveurs : dès 1843, un stand de tir au pistolet, trois courts de tennis, une buvette qui seront supprimés à la fin des années 20. La grange réaménagée en serre subsista jusqu’en 1908. Seul vestige conservé :
les cuisines ont servi d’habitation à un fermier puis au gardien du parc, avant d’être réhabilitées par la Chambre de Commerce et d’Industrie.
Le Grand établissement thermal des Dômes

L’itinéraire des sources est conçu comme une promenade, car les curistes se devaient “d’absorber l’eau minérale et mettre en mouvement
leurs corps”. Edifié en 1900 par les architectes Charles Le Cœur et Lucien Woog, l’ancien établissement thermal de 1ere classe est un monument emblématique de la Reine des Villes d’eau. L’entrée avec sa fontaine et deux superbes peintures murales, illustrant les usages de l’eau minérale en boisson et en bain, réalisées par le peintre symboliste Alphonse Osbert, surprend par son style néo-mauresque. L’établissement a été agrandi entre 1930 et 1935 mais partiellement détruit pour laisser place à un hôtel, en 1978. L’aile nord abrite toujours des soins thermaux.

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Dédié aux soins corporels, le grand établissement thermal détonne par son architecture orientale : dôme recouvert de tuiles vernissée, deux minarets renfermant les réservoirs d’eau thermal.
Le bâtiment était à l’époque le plus grand établissement thermal au monde avec sa façade principale développée sur 170 mètres de long, de part et d’autre d’une entrée monumentale. Celle-ci marque le départ d’un axe de symétrie abritant les services réservés aux dames, à l’est, et aux hommes, à l’ouest, soit 130 cabines de bains auxquelles s’ajoutent les cabines de douches et bains spécialisés ornées de faïences Art Nouveau.

Dès l’Antiquité, la qualité et les vertus thérapeutiques des eaux de Vichy sont connues et exploitées. Réputées depuis l’Antiquité, chargées de minéraux et d’oligo-éléments bénéfiques pour la santé et la peau, elles sont utilisées en soins thermaux et intégrées dans de nombreux produits cosmétiques pour leurs effets sur le raffermissement de la peau. Détox, forme, détente, expérience Bien-être au spa Célestins, douche de Vichy à
4 mains, soins Signature, Formule SkinCeuticals… sont autant de clefs pour retrouver équilibre, énergie et mieux être durable. Situé à deux pas de la source thermale, l’Institut des Laboratoires Vichy.



La Pastille Vichy, véritable icône bicentenaire…
On ne peut évoquer Vichy sans parler de ses pastilles ! Cette spécialité octogonale et blanche à la menthe a été créée par un chimiste qui pensait en faire un médicament aux vertus digestives. À partir de 1914, les pastilles Vichy ont été commercialisées comme confiserie.
D’une blancheur immaculée, facile à emporter, idéale pour celles et ceux qui souhaitent profiter des bienfaits des eaux de Vichy, elle ne ressemble à aucune autre, la célèbre Pastille de Vichy qui a fêté ses 200 ans en 2025. Élaborée en 1825 par le chimiste Jean Pierre Joseph D’Arcet, à partir des sels minéraux provenant de l’eau de Vichy, la Pastille de Vichy acquiert sa célèbre forme octogonale en 1856, identifiable entre mille, reconnue comme « originale » par un décret impérial. La pastille de Vichy est inscrite à partir de 1837 dans le codex de la pharmacopée française, en tant que spécialité pharmaceutique.

Les années 1950 verront l’arrivée de l’industrialisation à grande échelle, avec des pastilles comprimées de façon mécanique à partir d’un mélange aromatisé, puis directement conditionnées. Le médicament est alors très apprécié par l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, qui en fait un
des chouchous de l’aristocratie française. Toujours fabriquée à Vichy, sur un site qui emploie une vingtaine de personnes, la Pastille de Vichy représente 1500 tonnes produites chaque année. Mais peu à peu, les fabricants se raréfient. On en compte plus que deux aujourd’hui à Vichy
Les Pastilles Vichy se déclinent aujourd’hui sous plusieurs formats et arômes. Parfums permanents : menthe fraîche, recette traditionnelle au goût rafraîchissant, et menthe citron, version acidulée qui conserve les extraits minéraux. « A la boutique, on trouve les pastilles au parfum anis qui est référencé pour toutes les années futures. Nous développons chaque année un parfum de saison, disponibles seulement à la boutique », mentionne Julien Fangon, responsable de la Pastillerie de Vichy. Une vitrine y présente les différents emballages des pastilles, dont certains iconiques : boîtes en métal, en carton… Des visites de l’usine permettent de vivre une immersion au cœur du savoir-faire de la pastillerie.

