Marseille le Vieux-PortLes superlatifs ne manquent pas pour décrire la cité phocéenne aux multiples facettes. La deuxième ville de France, fondée il y a 2’600 ans, fait partager ses merveilles à quelque 4 millions de touristes annuels. Elue capitale européenne de la culture en 2013, la bouillonnante cité ne cesse de fasciner : adresses branchées, terrasses ensoleillées, stade de football renové, centres commerciaux ou culturels innovants…
Construite en 1848, restructurée depuis 1990, la célèbre gare Marseille-Saint-Charles voit circuler plus de 15 millions de voyageurs chaque année et ce, dû à l’effet TGV mettant Marseille à 3 h de Paris, 1 h 40 de Lyon 3 h 30 de Genève. Dans un coin, un piano mis à disposition des pianistes amateurs de passage, pour la plus grande joie des badauds. La gare communique avec le centre-ville par un escalier monumental, construit en 1925, classé monument historique.

La meilleure façon de découvrir les différents quartiers de cette immense ville est de grimper sur l’impériale d’un bus pour un grand tour de ville. On apprécie les explications données par le biais d’une oreillette, et les arrêts dans chaque quartier où il est possible de de poursuivre la visite à pied puis de reprendre un bus. Et on découvre entre autres, les quartiers du Roucas Blanc, d’Endoume et de Vauban, autour de la Bonne-Mère; la longue rue de la République bordée d’habitations de style haussmannien; la Joliette, où les docks longeant la mer ont été superbement transformés ; le Palais du Pharo, cadeau de Napoléon Iii à l’Impératrice Eugénie laquelle, n’appréciant pas le mistral, n’y vint jamais; le château et le Parc Borély de 17 hectares, avec jardin à la française, roseraie, lac…; les forts du Vieux-Port, les îles du Frioul et le Château d’If, au large de Marseille, où Alexandre Dumas fit emprisonner le Comte de Monte-Christo. Sans oublier l’impressionnant port maritime, où accostent les grands ferries pour l’Algérie et la Tunisie… et le magnifique MuCEM !

Marseille vue sur les îles

Quelques lieux incontournables…

Le Vieux Port
C’est le poumon de Marseille. Au XVIIIème siècle, le Vieux Port était à son apogée : navires chargés et  déchargés, quais encombrés de marchandises, charpentiers, marins, armateurs, bagnards de l’Arsenal… Et toutes les langues qui se mélangent… Le fort Saint-Nicolas et le fort Saint-Jean protègent alors l’entrée du port et surveillent les Marseillais, longtemps rebelles à la royauté.
Aujourd’hui, Marseille est le premier complexe européen de plaisance et le Vieux Port est l’un des 14 ports de la ville. Vingt clubs et société nautiques y sont installés et certains d’entre eux existent depuis plus de 100 ans. C’est LE lieu de rencontre des Marseillais lors de grands évènements : on y descend pour fêter, entre autres, les victoires de l’OM ! Les politiques viennent y haranguer la foule, le marché aux fleurs est le rendez-vous des amateurs de plantes, le marché aux poissons reste un des derniers lieux où trouver du poisson frais et de qualité. Chaque matin, les femmes des pêcheurs interpellent les promeneurs pour leur proposer les poissons péchés dans la nuit. On s’attend presque à croiser Honorine, poissonnière marseillaise légendaire…Peuchère !

Les bars, restaurants présents sur les deux rives en font un lieu de promenade incontournable. Animation garantie à toute heure : musiciens, groupes qui se mettent à danser…  Le seul trafic de voyageurs consiste en navettes touristiques à destination du Château d’If, des Iles du Frioul et des calanques de Marseille, et navettes de transport.

 

Marseille l'ombrière sur le Vieux-PortSignée par le Britannique Norman Foster, l’ombrière est un immense plafond miroir de 22 mètres par 48 mètres réfléchissant le quai des Belges. Vaste surface  posée à 6 mètres au-dessus du sol, elle reflète piétons, bateaux, trafic et abrite des manifestations diverses comme en cette Journée de nettoyage du Vieux-Port  en octobre dernier, journée qui a vu 150 plongeurs et des centaines de bénévoles fouiller les alentours du port et les fonds marins… (Photo Miroir – Sam_Mertens / Ferry boat – ville de Marseille – OTCM / Iles à proximité de Marseille : Eric Cuvelier)

Au marché comme en ville, flottent l’accent, la bonhommie et une grande amabilité de la part d’une population excédée de l’image de marque que leur impose une regrettable actualité faisant les gros titres dans les journaux. Marseille coup de gueule, oui, mais gros coup de cœur assurément… Marseille la courageuse est une ville riche d’un passé glorieux et tournée vers l’avenir. A découvrir à volonté…

Marseille le Ferry Boat

 

L’histoire du Ferry Boat
Entré définitivement dans la postérité avec le film Marius adapté de la trilogie de Marcel Pagnol, le Ferry Boat – prononcer : ferry-bo-a-te – est également célèbre pour être la plus petite traversée maritime du monde (283 mètres !).
A Marseille, des pêcheurs du quartier du Panier devaient livrer leur poisson sur le quai d’en face à la Criée. Des bateaux de pêche étaient reconvertis pour effectuer la traversée avec des passagers, des employés de mairie, des ouvriers travaillant dans les manufactures de la rue Sainte, ou encore le personnel hospitalier de l’Hôtel Dieu. Très tôt est apparue la nécessité de relier les deux rives du Lacydon en un minimum de temps. Ainsi, en 1880, fut créée la ligne du Ferry Boat. Si la population s’est montrée enthousiaste, ce système ne manqua pas de provoquer la colère du syndicat des bateliers.

Marseille le Bar de la MarineMarseille le bar du bar de la MarineMis à l’eau en 1953, le “César” a transporté pendant 55 ans plus de 100’000 passagers par an, depuis l’Hôtel de Ville à l’autre rive ()et vice-versa) où l’on trouve le Bar de la Marine – on peut y savourer un pastis, écouter des galéjades, entourés de photos de Marcel Pagnol (mais les scènes mythiques ont été tournées en studio). Modernité oblige, le nouveau navire est beaucoup plus rapide et effectue la traversée en 1 minute 15 contre un peu plus de 3 pour le vieux César…

Sur cette rive également, le Théâtre de La Criée. C’était l’endroit où le poisson était vendu en gros. La façade, édifiée au début du XXème siècle  est classée monument historique. Aujourd’hui, ce bâtiment abrite le Théâtre national de Marseille qui a le statut de centre dramatique national. Il dispose de deux salles de 800 et 250 places, aménagées en fonction des recherches scénographiques.

Marseille l'Hôtel-Dieu Marseille vue depuis 'Hôtel-Dieu Marseille intérieur de l 'Hôtel-Dieu

Marseille terrasse de l 'Hôtel-DieuL’InterContinental Marseille – Hôtel Dieu. En 2013, le maire de la ville, M. Jean-Claude Gaudin inaugurait cet établissement 5 étoiles : « Sous nos pieds, 2’600 ans d’histoire… Marseille, ville fière, authentique, chaleureuse, voue un attachement sans limite à son Hôtel-Dieu. Il fallait rendre ce magnifique bâtiment à Marseille et aux Marseillais ». Fondé vers 1188, l’Hôpital du Saint-Esprit accueillait enfants abandonnés et malades. Les grands travaux commencèrent 1753, organisés par Jacques Hardouin-Mansart – premier architecte de Louis XIV – pour s’achever vers 1865. C’est dans cet hôpital qu’a été réalisée la première opération de la cataracte, en 1750, par l’éminent Jacques Daviel qui donna son nom à la place où se situe l’InterContinental Marseille – Hôtel Dieu. Aujourd’hui, les façades, la toiture, les coursives extérieures et les escaliers monumentaux du bâtiment principal bénéficient d’une inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. L’hôtel propose 172 chambres offrant une vue sur le Vieux-Port et Notre-Dame de la Garde. Sans oublier les 22 suites et une suite présidentielle avec 80 m2 de terrasse privée.

Le restaurant gastronomique Alcyone est un rendez-vous unique avec la gastronomie marseillaise. Puisant son inspiration dans les ressources naturelles du terroir, le Chef Lionel Lévy crée des cartes créatives composées au gré du mistral, de la pêche et du soleil. Ses légumes sont récoltés chez des producteurs à l’éthique forte et ses viandes auprès d’éleveurs respectueux. L’assiette est généreuse, ingénieuse et soucieuse d’élégance.

La Corniche Kennedy. Aménagée au XIXème siècle par les riches négociants et les bourgeois qui y bâtirent de somptueuses demeures. Il est conseillé d’emprunter cette route sinueuse en fin de journée lorsque le soleil couchant embrase l’horizon marin… Entre mer et collines, magnifiques villas cossues et aires de promenade où joggers et rollers s’en donnent à cœur joie… On y découvre aussi le plus long banc du monde, la statue de David, copie de l’oeuvre de Michel-Ange, sculptée en marbre de Carrare, et face au légendaire Stade-vélodrome, bien connu des sportifs !

Marseille La Bonne MèreMarseille montée vers La Bonne MèreMarseille quartier dans la montée vers La Bonne MèreLa Bonne-Mère. Du haut de ses 154 mètres, gardienne des marins et des pêcheurs, haut-lieu du tourisme marseillais, la basilique Notre-Dame de la Garde protège les habitants depuis 1864, date de sa consécration. Un don de la duchesse d’Orléans en 1823 permettra la création de la Vierge en argent qui se trouve à l’intérieur. La nef est recouverte de trois coupoles décorées de mosaïques. En 1867, on construit sur le clocher un piédestal cylindrique destiné à recevoir la statue monumentale de la vierge, dorée à la feuille, dorure nécessitant 500 grammes d’or. Le financement de la statue est pris en charge par la ville.

La Canebière, « Champs Elysées » de Marseille. Qui ne connaît la Canebière, de réputation du moins. ? Symbole de renommée mondiale, c’est l’artère reine de Marseille, la plus célèbre avenue du centre ville. Longue de 1000 mètres, débouchant sur le Vieux Port, la Canebière suit le rythme de vie des Marseillais. Elle connaîtra ses heures de gloire sous la Troisième République grâce à l’intense activité régnant dans les cafés, grands hôtels et autres magasins. La Canebière devient alors un symbole de Marseille et de son port. Dès le XIXème siècle, la renommée des cafés, restaurants, grands magasins et hôtels de cette avenue dépasse les frontières. Si le luxe d’autrefois a disparu, cette avenue reste aujourd’hui l’un des symboles emblématiques de la ville. Egalement immortalisée par Marius de Marcel Pagnol, tout Marseillais se reconnait en elle…

L’Opéra de Marseille est reconnu sur le plan international, grâce à la qualité et la richesse de ses programmations. Bijou architectural, allie des colonnades du 18ème siècle avec le style art déco des années 20. Un incendie survenu en 1920, ne laissera intact que les colonnes imposantes et les murs maîtres. Et c’est en 1924, après 4 ans de rénovations qu’il renaîtra enfin est reste un des acteurs majeurs de la vie culturelle marseillaise.

Marseille biscuit les Navettes des Accoules Les véritables savons de Marseille

La Rue Paradis. La bien nommée pour les passionnés de shopping haut de gamme ! La rue Paradis, la plus longue artère du centre de Marseille, est considérée comme un espace de luxe par l’ensemble des Marseillais. Elle est entrecoupée par de nombreuses petites rues où l’on peut dénicher des boutiques pour tous les goûts et toutes les bourses, et des incontournables comme les (véritables) savons de Marseille, les Navettes Marseillaises, biscuits traditionnels marseillais qui se dégustent traditionnellement à la Chandeleur. Evoquant pour les Provençaux, la barque miraculée « La nave » qui aurait amené sur leurs côtes, Marie-Madeleine, Marie Salomé, Marthe et Lazare depuis la Terre Sainte, c’est l’un biscuit au délicat parfum de fleur d’oranger qui se savoure et se conserve tout au long de l’année.

l'Eau de cassis - boutique à MarseilleMarseille boutique Eau de Cassis - avec savonsL’Eau de Cassis : luxe, raffinement,  qualité… Le secret des Parfums du Sud est ici, dans la boutique de ce Parfumeur-créateur depuis 1851. Un secret de famille transmis de génération en génération. C’est dans les années 1851 que le Piémontais Lorenzo Salvaire réalisa pour une grande dame de la bourgeoisie marseillaise de passage à Cassis son premier parfum à la fragrance unique. Elle fut baptisée “L’Eau de Cassis” en 2005, marque déposée et commercialisée dans la même année par son dernier descendant :  Fabrice Cicot. Magnifique endroit que l’on a peine à quitter : canapé accueillant, lustre à pampilles et surtout les parfums en eaux, en extraits, bougies, brumes d’oreiller, aux noms enchanteurs : Escapade à Cassis, Nuit blanche étoilée, Elégance du Sud, Petites canailles…

Marseille Les Arcenaulx barLes Arcenaulx Marseille restaurantLes Arcenaulx, restaurant littéraire
En 1989 est inauguré l’actuel Cours d’Estienne d’Orves, nouvel espace public à la fois forum à l’antique, piazza à l’italienne ou rambla à l’espagnole.
A un jet de pierre du Vieux-Port, Les Arcenaulx c’est un restaurant et une librairie ouverts toute l’année.
Les parutions récentes côtoient les livres anciens, des ouvrages de fonds, allant de la littérature aux sciences humaines, des beaux-arts à la jeunesse, en passant par la gastronomie. La librairie possède également un fonds exceptionnel dédié à l’Histoire de Marseille et la Provence.
Le restaurant Les Arcenaulx reçoit dans une ancienne bâtisse, autrefois locaux de l’arsenal des galères de Louis XIV, avec ses vieilles pierres et ses hauts plafonds. Simone Laffitte compose avec soins la carte des vins et veille sur les choix d’Eric Cornilleau, le chef des cuisines : petits légumes farcis, artichauts violets barigoule, foie gras maison,seiches à la sétoise, pieds paquets marseillais, filet de bœuf Rossini, moules au safran…  Les desserts s’appellent : Le temps retrouvé (sorbet verveine), Traviata (sorbet framboise-cassis), Belle du Seigneur (sorbet aux fruits de la passion), Montagne magique (glace vaille, crème aux marrons), Anna Karénine (sorbet citron-vodka)…

Les Arcenaulx / 25, cours Estienne d’Orves 13 001 Marseille / www.les-arcenaulx.com

Les Arcenaulx librairie salle ColetteLes Arcenaulx librairie restaurant entréeLes Arcenaulx librairie salle Giono

Marseille Maison de l'ArtisanatCours d'Estienne d'Orves MarseilleLes Arcenaulx Marseille set de table

Texte et photos sans mention : Françoyse Krier

www.visitprovence.com

www.myprovence.fr

Voir aussi : https://www.fykmag.com/marseille-le-renouveau-et-une-annee-2018-sous-le-signe-de-lamour/

 

Marcel Pagnol – Je te souhaite beaucoup d’ennemis comme moi