A l’occasion des 200 ans de la naissance de Gustave Courbet, La Tour-de-Peilz (Vaud – Suisse) se prépare à fêter ce peintre célèbre, en même temps qu’Ornans, charmante ville de la vallée de la Loue, entre Pontarlier et Besançon, jumelée depuis 1982 avec le bourg boéland. En raison de l’événement qu’est la Fête des Vignerons 2019 à Vevey, les festivités prévues La Tour-de-Peilz auront lieu du 20 au 22 septembre 2019.

Visuels : La Tour-de-Peilz, Bon-Port © Christophe Racat // Courbet par Nadar //Gustave Courbet Le château de Chillon, 1874, Huile sur toile. Ornans, musée Gustave Courbet,
dépôt de la Ville d’Ornans © Musée Gustave Courbet, photo Pierre Guenat //
Visuels ci-dessous : Maison Bon Port © Christophe Racat 

 

« Je suis ici dans un pays charmant, le plus beau du monde entier, sur le lac Léman, bordé de montagnes gigantesques. C’est ici que l’espace vous plairait, car d’un côté il y a la mer et son horizon, c’est mieux que Trouville, à cause du paysage ». Ainsi s’exprimait Gustave Courbet… Le peintre et sculpteur français de génie compte parmi les plus illustres habitants de La Tour-de-Peilz et fait partie intégrante de l’identité boélande. Figure historique et peintre célèbre, il marqua de son empreinte la vie locale de la cité, lors de son passage de quatre ans. Fuyant son pays d’origine, l’artiste débarque en octobre 1873 sur la Riviera, à Veytaux puis La Tour-de-Peilz, où il vivra jusqu’à sa mort le 31 décembre 1877. Faisant montre d’une grande capacité d’intégration, en particulier auprès des cercles démocratiques, il produisit abondamment – toiles représentant le Léman, le château de Chillon ou les paysages alpins – afin de répondre aux nombreuses commandes qui lui étaient passées.

Si Courbet défend très tôt les idées républicaines, inscrites dans sa tradition familiale, c’est lors des événements de la Commune de Paris, en 1871, qu’il exprime pleinement son engagement. Il est élu conseiller municipal et président de la Fédération des artistes. Ce rôle de premier plan, ainsi que l’accusation infondée d’une participation à la destruction de la colonne Vendôme, le conduiront en prison après la victoire des Versaillais sur les Communards. Courbet est incarcéré notamment dans la prison parisienne de Sainte-Pélagie, séjour qu’il immortalisera avec le célèbre autoportrait présenté au Musée Courbet, à Ornans. Dès lors sa santé se dégrade, sa vie bascule…

De nouveau jugé en 1873, il est condamné à payer une amende très élevée pour la reconstruction de la colonne Vendôme. Pour éviter la prison, poursuivi par le fisc, il choisit l’exil en Suisse où il passe les dernières années de sa vie. Le peintre et sculpteur français de génie, fuyant son pays d’origine, débarque en octobre 1873 sur la Riviera, à Veytaux puis à La Tour-de-Peilz. Il loge notamment à la pension Bellevue et dans la maison Bon-Port, fréquente assidûment le Café du Centre et produit de nombreuses toiles représentant le Léman, le château de Chillon ou les paysages alpins. Malade et fatigué, il continue de peindre pour rembourser ses dettes, tout en espérant être amnistié pour enfin rentrer en France. Souffrant d’hydropisie, son état de santé décline rapidement et c’est dans sa maison de Bon-Port qu’il décède le 31 décembre 1877.

Certaines traces de son passage à La Tour-de-Peilz sont encore bien présentes, comme en témoigne le buste « Liberté » qui orne la fontaine de la Place du Temple et qui fut offerte à la ville en 1875 par celui que l’on appelait le « maître du réalisme ». Ce buste est en réalité la deuxième version réalisée par Courbet, la Municipalité de l’époque, craignant l’amalgame entre le bonnet phrygien de la dame et la croix fédérale de la première version appelée « Helvétia », lui avait en effet demandé de « neutraliser » son présent avant de l’exposer sur la fontaine !
Sa maison « Bon-Port », située à la rue du Bourg-Dessous, présente encore aujourd’hui la fameuse terrasse depuis laquelle il put admirer ce paysage lémanique qui lui apportait quiétude et réconfort. De cette terrasse, que l’on peut apercevoir depuis le Port, il fit un tableau exposé au Musée Jenish de Vevey. La commune, pour sa part, possède quelques œuvres du maître, dont deux originaux du plus grand intérêt – Cerf et biche à l’orée d’une forêt et Portrait d’homme – , les plâtres originaux de « Liberté » et et « Helvetia », ainsi qu’un médaillon de bronze représentant l’homme d’Etat français Léon Gambetta.
La ville de La Tour-de-Peilz possède également une des seules photos prises du chef d’œuvre de Courbet L’Atelier du peintre, exécuté en 1855, et exposé au musée d’Orsay.

 

Visuels :  Buste La Liberté, fontaine de la Place du Temple, 1875, La Tour-de-Peilz //
Cerf et biche à l’orée d’une forêt, vers 1876, Ville de La Tour-de-Peilz // Photo du tableau « L’Atelier du peintre », 1854-1855, Ville de La Tour-de-Peilz // Courbet et ses amis boélands devant le Café du Centre.

 

D’autres lieux marquants ont toutefois disparu. C’est le cas du Café du Centre, quartier général du peintre, qui vit défiler une bonne partie de l’intelligentsia républicaine française de la fin du XIXème siècle, aujourd’hui démoli, ou sa pierre tombale, transférée en 1919 à Ornans,
sa ville natale, avec laquelle La Tour-de-Peilz est jumelée.

Place des Anciens-Fossés, une stèle rappelle que Gustave Courbet a été enterré à La Tour-de-Peilz avant que sa dépouille ne parte pour Ornans. Autres lieux privilégiés par l’artiste : La Becque où il peignit La vue du lac Léman, le port et la rue du Château qui inspira la toile Coucher de soleil sur le lac Léman, achetée par l’Américain Daniel Conway pour le compte du juge George Hoadly de Cincinnati qui demande à l’artiste un « tableau de mer, c’est-à-dire un tableau où la mer soit la chose principale ».
Ce tableau se trouve au Musée Jenisch de Vevey.

ORNANS - DOUBS - FRANCE - Tombe de Gustave Courbet - Photo Laurent CHEVIET

 

La stèle rappelant que Gustave Courbet a été enterré à La Tour-de-Peilz avant que sa dépouille ne parte pour Ornans // Pierre tombale de l’enfant du pays, à Ornans.

Parmi les manifestations prévues pour célébrer le Bicentenaire Courbet : visites guidées du musée Jenisch où aura lieu l’exposition de l’œuvre dessinée de Courbet « Courbet dessinateur », inauguration d’une fresque géante réalisée par le peintre-performer Frank Bouroullec, lequel est l’auteur des peintures spectaculaires dans le passage sous-voie de Château-d’Œx et des fresques géantes Charlie Chaplin sur les tours à l’entrée de la ville de Vevey.

Comme chaque année, dans le cadre du jumelage des villes d’Ornans et de La Tour-de-Peilz, une trentaine de peintres participeront au concours « A la manière de Courbet », réalisant, en public dans les rues de la ville, une copie d’une œuvre de Gustave Courbet, ou une peinture. Sans oublier la pièce de théâtre « Les libertés de Courbet » au domaine de La Doges, fief de la section vaudoise de Patrimoine suisse. Un parcours Gustave Courbet est prévu qui comprendra 7 panneaux didactiques ainsi qu’un site web dédié avec audioguide, réalité augmentée et quizz.

2019 : Bicentenaire Gustave Courbet à La Tour-de-Peilz : www.la-tour-de-peilz.ch

 Facebook : La Tour-de-Peilz Culture

 

Voir aussi : Bicentenaire Gustave Courbet à Ornans (France)

Deux-centième anniversaire de Courbet, l’enfant du pays d’Ornans