Saint-Louis (F) Fondation Fernet-Branca La société italienne Fernet-Branca est créée en 1845 par les frères Branca. Ils commencent alors la commercialisation d’un amer à base de plantes, le Fernet-Branca. En 1909, une distillerie ouvre à Saint-Louis, elle est destinée à approvisionner l’Allemagne en alcool. Petit à petit, la production et la commercialisation déclinent dans l’usine ludovicienne et l’usine cesse son activité le 22 juillet 2000.

De la distillerie à l’art contemporain
En 2004, la ville de Saint-Louis loue le bâtiment à son propriétaire et assure la transformation en un musée d’art moderne avec l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Sur les 4000 m2 du bâtiment, 1500m2 sont destinés à des expositions d’art contemporain temporaires variées. Par le décret du 21 décembre 2011, l’espace d’art contemporain acquiert le statut de fondation, dite “Fondation Fernet-Branca” et est reconnue d’utilité publique.

En 2014, la Fondation a fêté son dixième anniversaire et en 2015, a inauguré sa trentième exposition. Selon les statuts de la Fondation Fernet-Branca, l’établissement “a pour but d’exploiter l’espace d’exposition d’art contemporain en assurant le rayonnement trinational et de développer une politique d’accès à l’art contemporain”. La Fondation Fernet-Branca accueille des artistes de tous horizons, locaux comme mondiaux et son rayonnement va plus loin que les frontières de la région puisqu’elle n’attire plus uniquement alsacien, bâlois et badois.

La Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis (Haut-Rhin, France) est heureuse de présenter les artistes Glen Baxter, Nelly Maurel, Didier Paquignon, Roland Topor, Tomi Ungerer dans une exposition collective intitulée « Sens Contresens ». A admirer du 18 mars au 6 mai 2018.

 

Glen Baxter, Sans titre, Mondrian, 2015, encre et crayon sur papier, 38x27cm, courtesie Galerie Isabelle Gounod)Glen Baxter – né à Leeds (GB) en 1944,  vit et travaille à Londres.
Célèbre pour ses dessins surréalistes et absurdes, c’est après avoir découvert le surréalisme et le dadaïsme (de Chirico, Picabia, Magritte, Ernst, Beckett, Roussel…) que Glen Baxter développe une appétence pour le non-sense, l’incongru, l’ironie. Jouant avec les associations entre textes et images, il agrémente ses dessins de commentaires pour obtenir des effets de décalage, une incongruité commune du texte et de l’image, nouant un rapport intense avec la langue et ses sonorités. Au burlesque de la situation dépeinte répond le grotesque d’un commentaire énoncé le plus sérieusement du monde.Les plus importantes expositions des dessins et peintures de Glen Baxter ont eu lieu à New York, Londres, San Francisco, Munich, Tokyo, Sydney et Paris où il a régulièrement exposé (Galerie Martine et Thibault de La Châtre). Son travail se trouve dans les collections de la Tate Gallery, du V&A Museum à Londres ainsi que dans de nombreux musées et collections privées à travers le monde.
Glen Baxter est l’auteur de plusieurs ouvrages, publiés en anglais et en français (Edition Hoëbeke).Ses dessins ont illustré de prestigieux magazines The New Yorker, The Independent on Sunday, Vanity Fair, Le Monde… 

(Visuel : Glen Baxter, Sans titre, Mondrian, 2015, encre et crayon sur papier, 38x27cm, courtesie Galerie Isabelle Gounod)

 

Nelly Maurel, L'exactitude des apparencesNelly Maurel, Twist stories, 2018, 70x50cm, encre et crayon sur papier.

 

 

Nelly Maurel, L’exactitude des apparences
Nelly Maurel, Twist stories, 2018, 70x50cm, encre et crayon sur papier.

« Un mot est parfois une caricature de ce qu’il évoque. Les mots ont des fonctions très différentes, certains sont là pour nommer d’autres pour décrire »

 

 

Nelly Maurel : à douze ans je me suis électrocutée en fixant un potentiomètre sur ma lampe de chevet. J’ai voulu comprendre et je me suis orientée vers des études scientifiques jusqu’à ce que j’entende de la poésie à la radio, à seize ans, ce qui m’a donné envie d’entrer aux beaux-arts.
La littérature a, comme le fluide dans lequel a lieu l’électrolyse, déplacé mon intérêt de l’électrode de la science physique et de la biologie vers l’électrode de l’expression… Le texte et l’image sont toujours en dialogue, dans une expérimentation du sens parfois renforcé parfois affaibli.
J’ai fait des livres de textes qui évoquent des images, j’ai fait des images qui questionnent le vocabulaire. Je travaille ou plutôt je passe mon temps à noter dans des carnets des histoires que je vis, des schémas de ce que je comprends et de ce que je ne comprends pas. Je dessine des situations, des paysages, ce qui est sous mes yeux, j’écris des histoires, ce que j’entends à la radio. Ou simplement un mot parce qu’il me paraît plein, plus rempli que d’autres. Ou au contraire bien vide…

 

Didier Paquignon Le coup du lapin 

 

Didier Paquignon Le coup du lapin 

Didier Paquignon – né à Paris en 1958. Lecteur omnivore, cet artiste a illustré pendant des années des couvertures pour les éditions Le Livre de Poche. De temps à autre, il s’amuse à mettre en images des faits divers étranges, recueillis dans des journaux, des livres et des sites internet. Didier Paquignon traduit ces moments d’absurde par des images incongrues… Un lièvre s’attaque à un couple de retraités en Autriche : la police autrichienne a dû abattre à coup de pistolet un lièvre qui avait attaqué un couple de retraités. L’animal de cinq kilos a surgi alors que la dame, âgée de 74 ans, accrochait du linge dans le jardin de son pavillon de Linz. L’ayant fait tomber en la mordant au pied, il s’est acharné sur elle avant de se retourner contre son mari venu la secourir. Le mammifère a ensuite attaqué deux policiers venus en renfort, « ne leur laissant pas d’autre choix que de faire usage de leur arme de service », a précisé le porte-parole, ajoutant : « Les taureaux, les cochons ou les chiens qui deviennent particulièrement agressifs, nous connaissons. Mais un lièvre, c’est la première fois. » La vieille dame a dû être hospitalisée. Le vétérinaire a estimé que « l’agressivité de ce lièvre était peut-être liée à une phase pubertaire et a été accentuée par les températures
élevées » pour la saison actuellement en Autriche.

 

Roland Topor, sans titre courtesie galerie Anne BarraultRoland Topor a commencé à exister comme dessinateur dans la presse, une façon pour lui de se «frotter à la vie» en prenant ses distances avec l’artiste maudit qu’il aurait pu devenir s’il était resté le peintre que tout le monde voulait être. C’est avec le dessin surtout, et avec l’écriture, que Topor a su construire le vocabulaire de ses pensées. Topor était un penseur actif, armé d’un stylo. Un penseur capable d’observer le monde et de s’observer lui-même. Ayant le courage d’opposer aux consensus du marché, de la politique, de la société et de la culture, les paradoxes de son imagination, produit d’une confrontation des champs de la conscience et de l’inconscient.
Rares sont les artistes qui descendent aussi bas et qui montent aussi haut dans leur esprit. Qui parviennent à transcrire ce qu’ils ont vu de tous les hommes, le bon et le mauvais, dans leur propre tête. Ce don de double-vue, dont pourrait disposer chacun mais auquel la plupart renonce, n’a été qu’un jeu pour Topor. « Je joue avec les images, les concepts et les genres », dit-il. Topor a su mettre au point le sismographe de ses tempêtes psychiques plutôt que de mourir étouffé sous l’encombrement, ou de refouler aux frontières toutes entités jugées honteuses par un sur-moi despotique. Pour devenir le maître d’un tel jeu, il faut déjà savoir que « jouer est une manière de rendre les choses moins graves, tout en leur donnant une autre gravité. » Le génie est là.

Roland Topor, sans titre, 1971, lithographie, 66x45cm, courtesie galerie Anne Barrault

 

(Visuels : © Tomi Ungerer / Diogenes Verlag AG Zurich, Suisse-1 (Visuels : © Tomi Ungerer / Diogenes Verlag AG Zurich, Suisse-2 (Visuels : Copyright © Tomi Ungerer / Diogenes Verlag AG Zurich, Suisse-3

 

L’oeuvre de Tomi Ungerer se distingue par sa diversité et sa créativité. Ses dessins d’enfance réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale montraient déjà son talent. Son parcours démarre en 1957 à New York quand il débute comme dessinateur et auteur de livres pour enfants. Tomi Ungerer est avant tout un grand dessinateur satirique. Les dessins tracés à la plume ou au crayon sont féroces et cyniques, dans la continuité de Daumier, Goya ou Grosz. Ses objets-assemblages réalisés avec des matériaux usagés expriment sa vision critique de la société de consommation, et transposent en trois dimensions ses dessins-collages d’inspiration surréaliste.

(Visuels : Copyright © Tomi Ungerer / Diogenes Verlag AG Zurich, Suisse)

 

 

 « SENS CONTRESENS »
Exposition du 17.03.18 au 06.05.18 

Fondation Fernet Branca  / 2, rue du Ballon / 68 300 Saint-Louis – Alsace

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

www.fondationfernet-branca.org