refuge du Plan de l'AiguilleLe Refuge du Plan de l’Aiguille, fringant bâtiment accroché à flanc de montagne sur un replat verdoyant et fleuri, culmine au-dessus de Chamonix-Mont-Blanc à 2207m d’altitude. Il est situé à un quart d’heure à pied de la station téléphérique du Plan de l’Aiguille, à Chamonix. Outre une vue imprenable sur la vallée de Chamonix-Mont-Blanc et sur les montagnes alentours, le Refuge du Plan de l’Aiguille offre un environnement confortable et des équipements modernes alliant le charme rustique d’un refuge de montagne. C’est le bon endroit pour s’évader et quitter la routine quotidienne, que l’on soit habitué des refuges ou non-initié. A l’occasion des 150 ans de la construction du Refuge du plan de l’Aiguille, une exposition est à découvrir à l’intérieur du Refuge et qui retrace le mode de vie et des anecdotes concernant les différents gardiens du refuge, le passage de personnalités. De nombreuses photos, cartes postales anciennes illustrent les textes explicatifs.

refuge du Plan de l'Aiguille - terrasserefuge du Plan de l'Aiguille - vue d'en haut

refuge du Plan de l'Aiguille - vue de côté

refuge du Plan de l'Aiguille - l'équipe 2019

Saveurs et recettes typiquement savoyardes

Idéalement situé au pied des montagnes, et proche de la station du Plan de l’Aiguille, le Refuge du Plan de l’Aiguille est l’endroit parfait pour entamer une merveilleuse journée à la montagne. Et pour se régaler… Ici, qualité rime avec quantité. Plats copieux avant tout et principalement savoyards. De façon à repartir requinqué à la découverte des montagnes. Tous les midis, le Refuge du Plan de l’Aiguille  présente une cuisine savoyarde préparée avec des ingrédients de qualité : planches de fromages et charcuterie, farcement savoyard fait maison sans oublier une part des incontournables tartes à la réputation bien méritée : aux myrtilles, framboises, poires, pommes… Pâtissier de formation et ayant travaillé dans plusieurs refuges, Claude prépare des plats où les traditions montagnardes se mêlent avec ses nombreuses expériences. Les produits frais les plus typiques, principalement les fromages, proviennent des meilleurs producteurs locaux.

refuge du Plan de l'Aiguille - Claude le cuisiner et gardien du refuge refuge du Plan de l'Aiguille - vue fleurie sur les montagnes refuge du Plan de l'Aiguille - souperrefuge du Plan de l'Aiguille - les tartes de Claude Le repas du soir : respectueux des traditions en refuge, le dîner est servi à heure fixe dont le menu commun à tous varie suivant les inspirations du moment : repas complet et très généreux composé d’un potage maison, d’un plat, de fromages locaux et d’un dessert gourmand, servi par Claude (photo Fk) et sa sympathique équipe !

Le petit-déjeuner : avant de partir de bonne heure escalader les plus hautes aiguilles, boissons chaudes et tartines vous attendent directement à table, à l’heure de votre choix… Vous n’avez rien d’un bouquetin grimpeur ? Profitez d’un petit déjeuner à l’extérieur, avec vue sur les montagnes illuminées par le soleil du matin. Ou confortablement installé à l’intérieur, dans un cadre chaleureux. (Photos Françoyse Krier)

refuge du Plan de l'Aiguille - publicité ancienne

refuge du Plan de l'Aiguille - cartes postales anciennes
A gauche, publicité vantant la vue unique à admirer depuis le Chalet-Restaurant du Plan des Aiguilles. Ci-dessus, collection de cartes postales anciennes.

2019 : 150 ans de la construction du premier refuge du Plan de l’Aiguille

Une belle aventure initiée en 1869, lorsque Henri Khun obtint l’autorisation de construire un pavillon pour accueillir les visiteurs au Plan de l’Aiguille… Depuis 150 ans, l’accueil y est toujours chaleureux.

A la fin du XVIIIème siècle déjà, Horace Bénédict de Saussure s’extasie devant le panorama grandiose qu’il découvre depuis le Plan de l’Aiguille, appelé alors «Plateau de la Croix». Ce site extraordinaire attire, tout naturellement les visiteurs du XIXème siècle. Dans la vallée, de nombreuses cabanes, simples abris de planches, sont ainsi édifiées sur les plus beaux sites panoramiques. Détruites chaque hiver par la neige ou les avalanches, elles sont reconstruites chaque été.
En 1894, les frères Couttet : Benoît, Ambroise et Joseph demandent, à leur tour, l’autorisation de bâtir un pavillon. Ce sera un petit chalet en pierres, construit en 1898 (à l’emplacement actuel) sur un promontoire hors couloir d’avalanches. La plupart des excursions se font à dos de mulet et depuis la vallée le chemin est long, les haltes nécessaires, tant pour les bêtes que pour les hommes. Un deuxième chalet s’avère nécessaire pour abriter l’écurie. Il sera bâti en léger décalé afin d’éviter que les odeurs n’importunent les visiteurs.

refuge du Plan de l'Aiguille - gravure ancienne mulets

chalet refuge du Plan de l'Aiguille - carte ancienne

Les visiteurs téméraires montent à dos de mulets. En 1928, l’ancienne écurie pour les mulets est transformée en remise tandis que l’on aménage des chambres et un dortoir pour les guides. 

 

Un peu plus tard, les frères Couttet construisent le pavillon du Trois, à mi-pente depuis la vallée. Sommaire cabane à 1690 mètres d’altitude, on y trouve rafraîchissements et nourriture avant de poursuivre la montée jusqu’au refuge. En 1903 est tracé le chemin conduisant du Plan de l’Aiguille au Montenvers, d’une largeur de plus d’un mètre sur cinq kilomètres de long. Magnifique balcon au pied des impressionnantes faces nord, le «sentier des aiguilles» s’ouvre aux excursionnistes.

En 1912, le refuge (appelé aussi pavillon, cabane ou hostellerie…) compte deux chambres de quatre lits et une chambre pour les guides. Les Petits et les Grands Charmoz, le Grépon ou Blaitière, l’aiguille de l’M ou l’aiguille des Peigne… Comme tous les refuges, le Plan de l’Aiguille servira de «camp de base» aux ascensionnistes équipés de tricounis et de cordes de chanvre. C’est aussi de ce refuge qu’est donnée l’alerte quand une cordée a pris du retard et n’est pas de retour à l’heure prévue. Les caravanes de secours se forment alors rapidement pour aller prêter main-forte aux alpinistes piégés par l’orage ou par une chute de pierres.

Le 22 juin 1927, le refuge abrite pour une nuit, bien emmaillotée, une statue de la Vierge. C’est de là qu’une cordée de guides partira le lendemain pour le sommet du Grépon où la statue sera scellée au rocher puis bénie afin de protéger, du haut des 3482 mètres, les hardis montagnards.

Après la construction du téléphérique des Glaciers (1928), le refuge perd une partie de la clientèle de promeneurs. Depuis le dortoir aménagé partent, au milieu de la nuit, les ascensionnistes vers les voies rocheuses des aiguilles des Pèlerins ou de Blaitière.

Le Plan de l'Aiguille - livre Blaise CendrarsBlaise CendrarsRefuge du Plan de l'Aiguille Extrait d'un cahier d'Ambroise Couttet

Blaise Cendrars a vécu au refuge pendant l’hiver 1925. Ses écrits racontent son vécu dans ce chalet d’altitude. // Extrait d’un cahier d’Ambroise Couttet qui a dû renoncer à son activité de guide, suite à une mauvaise fracture à la jambe. Jusqu’en 1929, il tiendra des « cahiers de chronique » dans lesquels il relatera notamment les premières réalisées par des clients du Plan de l’Aiguille, les accidents de montagne, les expéditions de secours ou des anecdotes sur la vie quotidienne de l’époque… 

 

Pendant l’hiver 1925, le refuge abrite un hôte pour le moins inhabituel : Blaise Cendrars. Ses textes, écrits pendant cette période, racontent son vécu dans ce chalet d’altitude, ses allers et venues dans la vallée, et les quelques visites qu’il reçoit. Du haut de son belvédère, il observe la ville, les agitations d’une saison d’hiver qui se termine, les hôtels qui ferment… Durant son séjour hivernal au Refuge, Blaise Cendrars rédigea la suite de son roman « Le Plan de l’Aiguille » – édité en 1917 et qui malgré son titre, n’évoque à aucun moment ni le chalet, ni la montagne éponyme. En revanche, dans ce second roman intitulé « Les Confessions de Dan Yack » qui paraîtra en 1929, l’écrivain relate ses allers et venues dans la vallée, décrivant la montagne qui l’entoure et les observations qu’il fait du haut de son belvédère. Quand il descend dans la vallée, il s’entend appeler « l’Anglais, le fou ».

Refuge Plan de l'Aiguille - Paul DemarchiA la suite de la fratrie Couttet, Aristide Farini, guide, devient le gardien de ce nouveau refuge-dortoir. Ce sera ensuite le tour de Paul Démarchi, guide célèbre, empêché d’exercer à cause de graves gelures aux pieds lors d’un secours en montagne. Guide, moniteur de ski, et doté d’une force hors du commun, Paul fut naturellement désigné en juillet 1949, avec ses deux frères, pour porter le gigantesque câble du téléphérique de l’Aiguille du Midi à sa construction : un véritable exploi! Courageux et désintéressé, il fut surnommé “le Saint-Bernard des Neiges” après avoir effectué une quarantaine de sauvetages entre 1930 et 1955. En 1938, lors d’un sauvetage particulièrement délicat au mont Blanc du Tacul, il se gela les pieds et dû subir une amputation.  Après l’accident, il garda le Refuge du Plan de l’Aiguille, d’où il lança ses expéditions de secours. En 1951, il participa au sauvetage après le crash de l’avion indien  « Malabar Princess ». Paul disparut en avril 1956 dans des conditions mystérieuses avec Henryk Mückenbrunn qui l’avait chargé d’emmener un client en Italie via le col du Géant. Ce client, un certain Ebel, était en fait le plus gros trafiquant d’or de l’époque, recherché par toutes les polices internationales, ce que Paul ignorait. Les 3 hommes seront retrouvés morts et Interpol conclura à la mort naturelle de Paul. Fin tragique pour celui qui avait consacré sa vie à sauver celle des autres !

Au printemps 1946, le refuge du Plan de l’Aiguille sera choisi pour accueillir une bonne partie du stage de guides. Armand Couttet et Armand Charlet en sont les grands chefs d’orchestre. Dès 1950, le Plan de l’Aiguille voit s’installer le chantier de construction du nouveau téléphérique. L’approvisionnement, tant en nourriture pour les ouvriers qu’en matériaux pour les travaux, passe par un portage à dos d’homme.

Refuge du Plan de l'Aiguille vue ancienneRefuge du Plan de l'Aiguille vue 1910

1910 Refuge du Plan Aiguille, avec vue sur les Aiguilles Rouges. Montée à dos de mulets… 

 

Sur demande de Paul Démarchi, Fernand Bellin et son épouse Noëla viendront avec leur famille, tenir le refuge en 1947. Le temps est beau et la clientèle nombreuse. On compte sur tous les bras pour aider à gérer l’ensemble, approvisionnement, cuisine, service, réveils au petit matin… Andrée, 18 ans, est embauchée pour le service tout comme l’aîné des garçons, Michel, 14 ans, pour les portages.

Au cours des étés suivants, le refuge est gardé par Jean Schuler et Rionda (1948), puis Lucien Thivierge et André Zizi, guide du Lavancher (1949-1950). Le travail se fait toujours en famille, avec les épouses et les enfants.

En 1954, le téléphérique ouvre ses portes à la clientèle jusqu’au Plan de l’Aiguille. Aussi, dès ce premier été, la famille Claret-Tournier souhaite commencer son activité. La convention exige la présence d’un guide pour garder le refuge.

Joseph Claret-Tournier Refuge Plan de l'AiguilleLa préférence est donnée à Joseph Claret-Tournier qui prend, avec sa famille, possession des lieux. Après son grand-père Jules (guide en 1904), son père Joseph (guide en 1931) et son oncle René (qui a fait 540 fois l’ascension du Mont Blanc), Jeannot Claret-Tournier a suivi le stage de guides en 1961. Calme et patient, il aurait pu être un excellent guide, mais étant par ailleurs artisan menuisier – et cristallier actif jusqu’à un âge avancé –, il a choisi d’ aider ses parents dans le gardiennage du refuge. Joseph et Jeannot ont été les derniers guides, gardiens du Plan de l’Aiguille. Jusque dans les années 50, il était recommandé sinon obligatoire que les gardiens de refuges soient des guides censés organiser les secours aux accidentés et même participer au sauvetage.

Le téléphérique des Glaciers fonctionne toujours, sauf quand l’orage tape fort et fait disjoncter les circuits électriques. Pour assurer la fourniture quotidienne en lait, des vaches ont été louées pour l’été. On les laisse paître alentour. L’eau potable est puisée à la «boille» au ruisseau de la Tapiaz… Les promeneurs affluent, les alpinistes aussi.  A partir de 1974, le refuge du Plan reste dans la famille avec Jean, sa sœur Renée, et son beau-frère, Jacky Duc.

Refuge du Plan de l'Aiguille hélicoptère Refuge du Plan de l'Aiguille téléphériqueDorénavant, le refuge est équipé d’un radio-téléphone permettant de dialoguer directement avec le PSHM (Peloton Spécialisé Haute-Montagne) (ancien nom du PGHM) en cas d’accident en montagne. Les alpinistes et leurs guides fréquentent volontiers ce sympathique refuge. Il est d’usage de donner un coup de main pendant le «coup de feu» du repas du soir. On débarrasse la table et on aide à la vaisselle.

Anne et Jean-Christophe Devouassoux sont demandeurs et, en décembre 1990, reprennent les rênes du Refuge et de la Buvette, dont les concessions sont désormais séparées. D’importants travaux sont entrepris sur la toiture du premier chalet. En amont du Lac Bleu, l’eau sera captée, puis canalisée jusqu’à la buvette, et enfin jusqu’au refuge. (Photos ci-dessous : Guillaume Graff)

Refuge du Plan de l'Aiguille poteau indicateur

Refuge du Plan de l'Aiguille terrasse reposRefuge du Plan de l'Aiguille - vue aiguille du midi

Malgré des conditions de vie rudimentaires, les témoignages de bon accueil abondent dans les livres d’or du refuge. Familles en promenade vers le Montenvers, touristes étrangers venus admirer le paysage ou grimpeurs de haut niveau… En 1995, le petit chalet de bois de la buvette, construit voilà plus de quarante ans, donne quelques signes de faiblesse. La reconstruction est indispensable. La Montagne de Blaitière accorde à Jean-Christophe et Anne Devouassoux, un bail à construction et exploitation d’une durée de 23 ans. Les deux bâtiments (buvette et refuge) sont désormais dissociés. le refuge va être profondément transformé pour pouvoir offrir aux randonneurs et aux alpinistes un hébergement moins rustique et beaucoup plus confortable. Coup de chapeau aux entreprises, qui ont souvent travaillé dans des conditions difficiles, et à Jean-Christophe, qui a réalisé de nombreux aménagements intérieurs : la cuisine, la salle à manger, les dortoirs, le local d’hiver…

En Assemblée générale d’automne 1999, la rénovation du refuge est décidée, avec l’idée de réunir les deux bâtiments. L’hiver suivant sera consacré aux recherches d’entreprises, devis et autres démarches administratives. Le 9 juillet 2006, enfin, le nouveau refuge ouvre ses portes, proposant vingt-trois lits. En 2008, Claude Quenot et Marie-Noëlle Thévenet prennent à leur tour la gérance du refuge. Anciens et nouveaux gardiens, les trois générations sont présentes pour l’inauguration du nouveau refuge. A la fin de la saison 2017, Marie-Noëlle met le cap vers une retraite bien méritée. Les saisons se déroulent du 1er mai au 1er novembre et les tartes de Claude attirent de plus en plus de monde !

Refuge du Plan de l'Aiguille - soir

Refuge du Plan de l'Aiguille - crépusculeQuand on garde un refuge, il se doit d’être polyvalent. C’est le cas de Claude, pâtissier de métier, né en Bourgogne, mais qui a très vite attrapé le virus de la montagne, et qui n’hésite pas à passer du fourneau à la menuiserie ou au carrelage. Grâce à lui, un bon nombre de travaux intérieurs – sanitaires, escalier, petits dortoirs, logement des gardiens – ont pu être terminés, réalisés avec goût. Après la réfection des peintures de toiture en 2017, l’embellissement du refuge passe aussi par le fleurissement, en dépit des vents tempétueux, de la neige ou de la grêle… A l’intérieur, les gardiens offrent à leurs hôtes le confort d’une connexion WI-FI, largement appréciée par les randonneurs d’aujourd’hui et un salon de lecture pour la détente de fin de journée. Touriste, promeneur, randonneur, trailer, grimpeur ou parapentiste, chacun peut apprécier le point de vue sublime du Plan de l’Aiguille ! (Photos Fk)

Départ vers l'Aiguille du Midi ChamonixChamonix Cabine du premier funiculaire aérien de France

Le départ vers le Refuge du Plan de l’Aiguille et l’Aiguille du Midi. Cabine du premier funiculaire aérien de France, construite en 1909 et inauguré en 1924 à Chamonix. Il desservait la piste des glaciers, sous l’Aiguille du Midi. La cabine – 1ère classe – a été rénovée en 2017, selon les plans d’origine (Photos Fk).   

Logo refuge du Plan de l'Aiguille

Refuge du Plan de l’Aiguille – Téléphone :  +33 6 65 64 27 53

https://refuge-plan-aiguille.com

 

Texte : brochure 150 ans du Refuge du Plan de l’Aiguille.
Visuels : ©Eddy Veillet  // Gravure avec mulets ©Collection Consorts de Blaitière // © Refuge du Plan de l’Aiguille // © OT Vallée de Chamonix-Mont-Blanc  // Tartes © OT Vallée de Chamonix-Mont-Blanc // Blaise Cendrars ©Consorts Blaitière  //  Cahier d’Ambroise Coutet © JL Burnet // Refuge et hélicoptère © D. Mermoud //

 

OT Chamonix l'oeil de Cécile Gruffat

Remerciements à Claude et à Cécile…
(Visuel : dans l’oeil de Cécile @Fred Bernard)