Monument classé, chef-d’œuvre de l’Art Nouveau, l’Opéra de Vichy est inauguré le 2 juin 1901, avec une représentation d’Aïda de Giuseppe Verdi. Doté de 1483 places, il est alors le deuxième plus grand de France, après le célèbrissime Opéra Garnier de Paris.

Opéra de Vichy 1er balcon
Opéra de Vichy vue plafond
Une réussite due aux talents réunis d’architectes,
d’artistes et d’artisans

En 1898, l’aspect démodé et l’insuffisance des services du casino de Napoléon III imposent l’agrandissement du petit théâtre existant, de 800 places. Le projet d’un nouveau théâtre-opéra est alors présenté par les architectes Charles Le Cœur et Lucien Woog.

Ecrin somptueux au décor enchanteur

Dès l’entrée, on ne peut qu’être émerveillé par tant de magnifiscence et de beauté ! La salle à l’italienne est conçue dans une harmonie de tons or, jaune et ivoire. « Craignant qu’un rouge agressif ne soit, pour les curistes, la cause de maux de tête, et comme l’Opéra donnait seulement des représentations en été, il a donc été décidé de choisir une nuance claire aussi lumineuse que le soleil. De plus, paraît-il, cette couleur permettait
de faire ressortir l’éclat de bijoux et la belle tenue portés par les dames », mentionne Mathilde Julien, Guide-conférencière de Vichy Destinations.
« Pendant longtemps, Vichy a été surnommée Capitale d’été de la musique et des spectacles car ceux-ci étaient joués en hiver à Paris, puis repris
à Vichy en été. »

L’œil s’arrête sur le remarquable décor de style Art nouveau : affinités végétales irisées et motifs floraux (volubilis, marguerites, chrysanthèmes, roses…), portraits peints de célébrités de l’époque (Réjane, Cléo de Mérode, Sarah Bernhardt..), strapontins confortables et larges accoudoirs entre les sièges, pas de grand lustre mais une coupole monumentale, évoquant le soleil, équipée d’une centaine d’ampoules et d’un système d’aération caché dans la série de lyres…

Opéra de Vichy siège avec numéro
Opéra de Vichy loge avec canapé
Loges d’apparat (à droite)
tournées vers la salle
Opéra de Vichy loge
Opéra de Vichy avec vue sur scène
Opéra de Vichy strapontin déplié

Il était courant de retenir des sièges
pour assister à un spectacle
donné à l’Opéra de Vichy. Un numéro
et une clef tournée sur le dossier
du siège mentionnait la place
louée.
Quant aux strapontins rembourrés
avec le même tissu que les sièges,
ils ont assurément beaucoup
de classe…

Les deux vastes balcons en encorbellement sont autoportés par une structure métallique cachée par le décor, ce qui explique l’absence de piliers de soutien susceptibles de gêner les spectateurs, leur offrant ainsi une visibilité optimale. Le premier bacon dispose de 28 loges, le second de corbeilles et de loges d’apparat tournées vers la salle et qui servaient aux personnalités et célébrités – VIP de l’époque – d’être vus par l’ensemble de la salle. Des miroirs leur permettaient de suivre le spectacle donné sur scène.

Restauration à l’identique, éclat retrouvé

Incendie, dégâts par la pluie… Le domaine thermal dont faisait partie l’opéra, appartenait à l’Etat qui n’a pas entrepris de travaux. En 1985, plus aucun spectacle n’y sera donné. En 1995, la Ville de Vichy rachète l’ensemble du bâtiment et entreprend une vaste restauration des lieux. Après deux ans de travaux, il a fallu pallier aux nouvelles normes de sécurité tout en gardant le côté authentique de la salle. Or, les sièges étaient rembourrés avec du crin de cheval, matière inflammable et interdite. Par chance, un rouleau du fameux tissu de velours gaufré jaune doré retrouvé dans les combles a permis de revêtir l’ensemble des sièges avec du tissu semblable à celui d’origine. Au plancher, des petits grillages métalliques permettaient de faire circuler l’air et ventiler la salle. Les travaux entrepris ont permis d’adapter ces infrastructures pour insuffler de l’air chaud.
Ce qui a eu pour conséquence l’ouverture de l’opéra à une programmation hivernale.

Opéra de Vichy  portes des loges, détail du plafond et des portes
Portes donnant sur les loges, détails des portes et du plafond.
Ici aussi, on peut admirer des motifs floraux : branches d’arbres, volubilis, marguerites, chrysanthèmes, roses…

Le chantier de la restauration menée en 1995 fut confié à Jean-Guilhem de Castelbajac. Véritable défi pour ce, styliste, créateur visionnaire, car cela consistait à retravailler les espaces et équipements du bâtiment, tout en associant patrimoine et création contemporaine. Chantier qui a révélé des merveilles oubliées : marbres et stucs cachés sous des peintures, verrière dissimulée dans de faux-plafonds, rideau de scène d’origine…

Arrivé à Vichy en 1844, Isaac Strauss, chef d’orchestre des bals de l’Opéra de Paris et de la cour impériale dirigera durant 20 ans les salons de l’Etablissement thermal. Vichy acquiert alors une réputation de ville de plaisir. Haut-lieu culturel, il a accueilli des figures lyriques légendaires
tels Enrico Caruso et Fédor Chaliapine.

Opéra de Vichy vue salle , face à la scène, escalier de l'entrée, rue du Parc
A gauche, la façade de l’Opéra ornée de sculptures et masques sculptés de Pierre Seguin.
(Dessous : ) L’escalier menant à l’Opéra, depuis l’entrée, rue du Parc.
Les spectateurs entraient alors directement dans le pourtour de la salle de théâtre, dans un hall très étroit.
Opéra de Vichy façade
Opéra de Vichy

L’ancien Casino avec son grand hall et sa verrière imposante et le bâtiment de l’Opéra n’étaient pas accolés. La taille du hall de l’Opéra étant étroite, on entrait directement dans le pourtour de la stalle de théâtre. L’architecte va prévoir la construction d’une salle de bal et d’un foyer pour les spectateurs qui fera la liaison entre les deux bâtiments.

L’Opéra de Vichy reste à ce jour l’un des plus grands de province. Une soixantaine d’événements y sont organisés tout au long de l’année,
en saison d’été comme en saison d’hiver.

Opéra de Vichy gros plan plafond
Photos fk

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