Pierre Bonnard, Femme à la toilette ou La Cheminée
Pierre Bonnard, Femme à la toilette ou La Cheminée, 1916, Huile sur toile Fondation Pauline, Suisse © ag images

Le musée Bonnard dévoile l’intimité d’un regard : celui de Pierre Bonnard sur Marthe, la lumière et les instants silencieux du quotidien. À travers une double exposition inédite, le visiteur découvre les scènes sensibles de Marthe à sa toilette et l’univers singulier de l’atelier du peintre. En écho, un focus exceptionnel autour de L’Ateler au mimosa, prêté par le Centre Pompidou – Musée national d’art moderne, met en lumière l’atelier du peintre comme un espace de création et de mémoire, à la frontière entre intérieur et paysage. Jusqu’au 31 octobre 2026.

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Bonnard intime ~ Les toilettes de Marthe

Les scènes de toilette, réalisées de 1893 jusqu’aux dernières années de l’artiste, occupent une place centrale dans l’œuvre de Bonnard. Majoritairement incarnées par Marthe, compagne et muse, ces figures féminines, saisies dans l’intimité du bain ou des gestes ordinaires, proposent une méditation silencieuse sur le corps féminin, le passage du temps et la lumière, toujours changeante. 

Pierre Bonnard, Nu au gant bleu
Pierre Bonnard, Nu au gant bleu, 1916. Huile sur toile
Musée d’Orsay, Paris – Donation Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, 2011 © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn

/ Patrice Schmidt

Pierre Bonnard, La Toilette, dit aussi Nu au miroir, dit aussi Nu devant la glace
Pierre Bonnard, La Toilette, dit aussi Nu au miroir, 
dit aussi Nu devant la glace, 1931.
Huile et tempera sur toile 
Fondazione Musei Civici di Venezia,

Galleria Internazionale d’Arte Moderna 
di Ca’ Pesaro © Scala, Florence, Dist. GrandPalaisRmn

/ image Scala



 

La femme à sa toilette, observée dans son intimité, est un thème qui a traversé l’histoire de l’art de l’antiquité à nos jours avec, selon les époques. C’est l’un des thèmes les plus sensibles de l’œuvre du peintre. Indiscrétions et habitudes de la femme dans le secret de son cabinet de toilette ou de sa chambre constituent chez certains peintres le socle de leurs recherches. Peintures, dessins et œuvres sur papier révèlent la délicatesse avec laquelle Bonnard observe les gestes du quotidien,
la présence du corps et les jeux subtils de lumière et de couleur. Peintures, dont certaines sont rarement exposées, dessins
et œuvres sur papier dévoilent un regard profondément sensible, où la nudité domestique devient un champ d’expérimentation picturale. Cette succession de soins et de rites met en valeur le corps féminin de façon plus ou moins suggestive, dans son tub, dans son bain ou simplement en train de se sécher, se maquiller, s’apprêter,
suscitant volontairement ou non le désir. 

as« Le chiffon d’une main, le pinceau de l’autre », aime répéter Bonnard 

Bonnard ne se laisse pas dominer par le modèle ou par son sujet qu’il peint de mémoire ; il cherche par la lumière à retrouver ses sensations colorées, créant ainsi des espaces diffus, vibrants avec une composition originale. Sous l’influence de la lumière, Bonnard crée une émotion dominée par une très subtile technique colorée, travaillant par superposition et effacement. Dans ses tableaux, tel celui de Venise ou de Paris avec le magnifique Nu au gant bleu, ou davantage encore ses nus allongés dans la baignoire, le spectateur se trouve totalement happé par cette vibration colorée. 

Pierre Bonnard, Nu accroupi au tub
Pierre Bonnard, Nu accroupi au tub, 1918
huile sur toile
Paris, musée d’Orsay, Donation Marcie-Rivière
© Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Pierre Bonnard, Marthe au tub
Pierre Bonnard, Marthe au tub, vers 1908
Musée Bonnard, Le Cannet – tirage moderne
© Musée d’Orsay/ Patrice Schmidt

Bonnard vit très correctement de sa peinture et il a la capacité d’offrir à sa femme le confort moderne. Il fait installer une salle de bains avec baignoire en 1926 dans la maison qu’il vient d’acquérir au Cannet, Le Bosquet.

Pierre Bonnard, Nu à la baignoire
Pierre Bonnard, Nu à la baignoire, vers 1924
encre sur papier
Collection de Bueil & Ract-Madoux, Paris
© Jean Louis Losi, Paris

Chez Bonnard, le miroir n’est jamais un motif décoratif. Il constitue un outil critique qui fragmente la vision et transforme le nu en expérience perceptive. Les jeux de miroir sont très fréquents dans son œuvre, en particulier dans les femmes à leur toilette. Elément de composition qui lui sert à fausser la perception de l’espace, le miroir demeure un accessoire qui sert au sens propre à réfléchir une image, un élément indispensable pour composer ses autoportraits. La peinture hésite entre apparition et disparition, l’image ne se livre pas immédiatement, mais se construit dans la durée du regard. Le spectateur est convié à une perception lente, incertaine, profondément intérieure.

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Pierre Bonnard, considéré comme l’un des plus grands coloristes du XXème siècle  

Pierre Bonnard, Effet de glace ou Le Tub
Pierre Bonnard, Effet de glace ou Le Tub, 1909
Huile sur toile
Fondation Hahnloser-Jaëggli, Suisse
Kunst Museum Winterthur, Hahnloser/Jaeggli Stiftung
© Reto Pedrini, Zürich
Pierre Bonnard, Nu dans la baignoire, 1925
Pierre Bonnard, Nu dans la baignoire, 1925
Gouache, aquarelle et crayon sur papier
Collection particulière © Michael Cullen

Le célèbre Nu à la toilette, dit aussi La Cheminée, introduit un sentiment d’ambiguïté avec une mise en abyme, du miroir dans le miroir, brouillant notre perception, jusqu’à la position même du spectateur. 
Dans La Toilette, dit Nu au miroir (1931, Ca’ Pesaro, Venise), la figure de Marthe se regarde sans se savoir observée. Le miroir agit comme un seuil entre intérieur et extérieur, entre perception et conscience. Le spectateur regarde une femme qui se regarde, sans que leurs regards ne se croisent jamais : la frontalité disparaît au profit d’un « regard indirect ».
Une logique perceptible dans Nu devant la cheminée (1919, huile sur toile, du musée de l’Annonciade). La figure nue, debout devant la cheminée, est saisie dans une intimité non théâtralisée. Légèrement tournée, jamais de face, elle se dérobe dans une lumière chaude qui enveloppe le corps plutôt qu’elle ne l’expose. La nudité apparaît comme une présence fragile, plus intérieure que spectaculaire. 
Dans Effet de glace (1909), les reflets multiplient les points de vue et brouillent les frontières entre surface et profondeur. Le peintre élargit le champ visuel. Le corps n’est plus un volume stable mais un foyer chromatique vibrant, presque dissous dans la sensation lumineuse.  

Pierre Bonnard, Intérieur blanc, 1932
Pierre Bonnard, Intérieur blanc, 1932
Huile sur toile. Ville de Grenoble/Musée de Grenoble-J.l. Lacroix
Musée Bonnard Le Cannet L’Atelier au Mimosa
L’Atelier au Mimosa : le visiteur est invité
à comprendre comment Pierre Bonnard recrée ses images
à partir du souvenir, laissant la couleur, le jaune, la lumière et la sensation
guider la composition. 

En contrepoint, le focus autour de L’Atelier au Mimosa ouvre les portes du lieu de la création, espace familier, à la fois refuge et lieu de méditation qui apparaît comme le prolongement naturel des scènes d’intérieur : un lieu où s’élaborent la mémoire des motifs, la recomposition du réel et la lente maturation de l’image. À travers cette œuvre emblématique et les documents qui l’entourent, le visiteur est invité à comprendre comment Bonnard, sans peindre sur le motif, recrée ses images à partir du souvenir, laissant la couleur, le jaune, la lumière et la sensation guider la composition.

Musée Bonnard Le Cannet Affiche L'Atelier du mimosa

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BONNARD INTIME
Les Toilettes de Marthe
+ un focus exceptionnel autour de L’Atelier au mimosa

Jusqu’au 31 octobre 2026

Musée Bonnard 16, Boulevard Sadi Carnot 06110 Le Cannet France

museebonnard.fr

Musée Bonnard Le Cannet Affiche Les toilettes de Marthe

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