
Beaulieu Lausanne accueille, jusqu’au 28 juin 2026, Imagine Monet – L’Exposition immersive, visuelle et sensorielle au cœur de l’œuvre du maître de l’impressionnisme. Un parcours à travers l’univers lumineux de Claude Monet (1840 – 1926).
Pionnière de l’organisation de grandes expositions en Suisse romande, Opus One a accueilli près de deux millions de visiteurs qui ont pu notamment s’immerger dans des thématiques aussi diverses que Van Gogh, Tintin, Viva Frida Kahlo, le naufrage du Titanic, The Mystery of Banksy…” Cette exposition Imagine Monet – L’Exposition immersive a été conçue avec le coeur, l’âme et nos connaissances. Rapprocher l’art du public et créer une expérience à vivre, à ressentir et à partager, tels sont nos aspirations “, mentionne Annabelle Mauger, conceptrice et réalisatrice de l’exposition qui suggère de se laisser porter par les images et la musique accompagnatrice qui sublime l’émotion sensorielle (Ravel, Bizet, Wagner…).
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Le motif est quelque chose de secondaire,
ce que je veux reproduire est ce qu’il y a entre le motif et moi
Historienne de l’art, directrice du Centre de recherche en art et esthétique (CRAE, Université de Picardie), Androula Michael, plutôt réticente quant aux expositions immersives qu’elle n’a jamais voulu aborder, a accepté de faire partie de l’aventure. Une expérience qu’elle est loin de regretter : ” Le grand public a besoin de côtoyer de oeuvres à sa protée. Chacun a le droit de ne pas aimer un peintre, un tableau… Etre accompagnée par quelqu’un qui peut apporter à l’exposition quelque chose de plus par rapport au contenu est bénéfique. Faire comprendre que Monet ne peignait pas les objets mais la distance entre lui et l’objet, expliquer qu’il a bénéficié de la commercialisation de la peinture en tubes, décrire la beauté des 200 espèces de fleurs cultivées dans son jardin…“.
Dans la deuxième salle de l’exposition, les panneaux explicatifs fournissent les détails biographiques et les éléments clés pour comprendre l’oeuvre du père de l’impressionnisme nommé ainsi d’après son tableau Impression, soleil levant, peint un matin de bonne heure lors d’un séjour au Havre (1874) : « Le paysage n’est qu’une impression, et instantanée, d’où cette étiquette qu’on nous a donnée, à cause de moi, du reste ».
J’aimerais peindre comme un oiseau chante




Capter les effets de la lumière, c’est toute la force de Monet. Lors de voyages en Suisse, notamment sur la Riviera vaudoise, Claude Monet a peint diverses toiles représentant les paysages du Léman, les montagnes environnantes et les effets de lumière sur l’eau.
” Tout le monde discute de mon art, et fait semblant de comprendre, comme s’il fallait comprendre, alors qu’il faut simplement aimer. ” Dans la vaste salle immersive de près de 700 m2, les peintures de Claude Monet sortis de leurs cadres plongent le spectateur au cœur d’un espace propice à la sérénité. Un concentré de nature paisible et miroitante, avec une perspective très rapprochée, sans aucun repère sur l’espace environnant autour duquel il peut découvrir l’abstraction des œuvres de Monet : de près, on ne distingue que des touches de couleur sans en reconnaître le motif.
Les impressionnistes, et Monet en particulier, renouvellent le genre pictural du paysage qui était considéré par la peinture académique comme un genre mineur. La figure n’est pas nécessaire pour donner de l’importance au paysage, qui devient un sujet à part entière, que l’on peut désormais observer dans sa singularité. Ils mélangent peu les couleurs et abandonnent les tonalités sombres de la peinture académique, éclaircissent leur palette pour peindre les effets de la lumière sur le paysage et désirent capter les couleurs qui changent en fonction des heures de la journée et des saisons. Le groupe sera dissolu en 1886, année de la dernière des huit expositions des impressionnistes. Monet n’y participe pas mais des nouveaux venus, tels que Redon, Signac et Seurat, qui sont appelés néoimpressionnistes, entrent en scène.




Je veux peindre l’air dans lequel se trouve le pont, la maison, le bateau
Monet désire avant tout capter la fugacité de la lumière reflétée sur les paysages, les hommes et les choses. L’urgence de fixer ses sensations l’oblige à brosser au plus vite son motif. L’utilisation du même sujet sous des nuances changeantes est devenu un facteur prédominant dans l’œuvre de Monet. De par sa technique d’exécution rapide en plein air et la dissolution des formes qui en résulte, il s’oppose à l’académisme de l’époque et crée des environnements colorés… premières œuvres immersives de l’histoire de l’art moderne. Au cours de la visite de l’exposition, les séries
Les Meules, La Gare Saint-Lazare, la Tamise ou encore le Parlement Londonien, immortalisés par l’artiste, prennent vie sous une multitude de variations de lumières et de couleurs.
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A la suite de son déménagement près de la gare Saint-Lazare, Claude Monet obtient l’autorisation de travailler dans la gare et peut donc s’adonner à peindre sur le vif les locomotives, la structure métallique, la vapeur, la lumière changeante filtrant à travers la verrière abritant le grand hall…
En 1877, il présente 12 versions de la Gare Saint-Lazare à la 3ème exposition des peintres impressionnistes. En 1890, il peint deux tableaux représentant des bottes de foin, moyen de conserver le blé et de le protéger contre les intempéries, avant de voir qu’ils ne suffisaient pas. Aussi, 25 autres toiles suivront, décrivant les couleurs et la variation de la lumière, et qui sont conservées dans le monde entier.
La série des cathédrales de Rouen (1892) est un ensemble de 30 tableaux peints par Monet, soit une vue du portail occidental sous des angles de vues et de moments de la journée différents. En octobre 1908, Monet passe six semaines à Venise en compagnie d’Alice, sa deuxième épouse.
Il en résulte 37 œuvres peintes par l’artiste, principalement des vues de monuments architecturaux de la ville. En 1918, nouvelles séries : le Pont japonais, le jardin d’eau et les saules pleureurs de son cher jardin à Giverny. En 1890, le peintre devient propriétaire de la maison de Giverny qu’il louait auparavant. Tout y était réglé selon l’emploi du temps de l’artiste qui chaque matin se rendait dans son atelier à 8 h précises, après un solide petit-déjeuner composé, entre autres, d’andouillettes et d’un verre de vin blanc, selon son arrière-arrière petit-fils, Philippe Piguet.
La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie, mon tourment


Monet a utilisé le membre de sa propre famille comme modèles. Son père Adolphe, assis au premier plan, sa cousine Jeanne-Marie et le Dr Adolphe Lecadre. Le tableau oppose la tranquillité de la vie bourgeoise au premier plan à l’activité commerciale des navires au large.
Contre l’aspect lisse et poli de la surface peinte, Monet affirme la matérialité de la toile. Il applique la couleur en touches juxtaposées, larges, rapides, épaisses. Comme pour capter en urgence la sensation de la lumière sur le paysage, les êtres et les choses. Monet affirme alors la majestueuse présence de la couleur sans la soumettre au dessin, considéré comme élément supérieur à la couleur et fondamental dans la peinture académique. Peindre rapidement sur le vif conduit à briser le contour du dessin et à dissoudre le motif. Monet désire capter le temps qui passe, la lumière changeante, le mouvement du vent qui fait bouger les feuilles des arbres. Il tente de saisir la fugacité de l’instant toujours riche des possibles
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J’ai mis du temps à comprendre les nymphéas…
Je les cultivais sans songer à les peindre



Si les milliers de nymphéas (en botanique, nom savant des nénuphars) dans le jardin de Monet, n’étaient pas un sujet central pour Monet, ils le deviendront au cours dernières décennies de sa vie. Première peinture, en 1903, avec le motif de son bassin aux nymphéas. S’ensuivront une série de tableaux de Nympheas que l’on retrouve dans le monde entier. Parfois découragé et insatisfait, il détruit plusieurs toiles. L’ensemble des panneaux des Nymphéas, conçue comme une oeuvre sans début ni fin, plonge le visiteur dans un “aquarium fleuri”, espace de contemplation et d’émotions.
De plus en plus atteint par la cécité – souffrant de cataracte bilatérale, le peintre subira une opération de l’œil droit –, Claude Monet peint le vaste cycle des Nymphéas dès 1914 et en fait don à l’Etat français, en 1918. Grâce aux négociations entre le peintre et Georges Clémenceau qui, très tôt, avait pris conscience du génie de Monet, ce sont 22 panneaux au total qui sont installés à l’Orangerie à Paris, dans deux salles ovales, en mai 1927, soit un an après le décès du maître. Emporté, le 5 décembre 1926, par un cancer du poumon, Claude Monet a livré ainsi à la postérité son ultime
chef-d’œuvre panoramique : supports gigantesques – 93 mètres linéaires une fois mis bout à bout.


La dernière salle est une zone ludique et créative dans laquelle les visiteurs, petits et grands, peuvent s’exprimer artistiquement
et restituer leurs impressions. Des feuilles et matériel de dessins sont mis à la disposition des artistes en herbe afin qu’ils puissent intégrer
leurs propres créations dans le bassin des Nymphéas.

Imagine Monet – L’Exposition immersive
Jusqu’au 28 juin 2026
Beaulieu Lausanne, Avenue Bergières 10, 1004 Lausanne
Horaires d’ouverture : Du mercredi au dimanche, de 9h à 18h (dernière entrée à 17h)
Ouvert tous les jours pendant les vacances scolaires
du 3 au 19 avril 2026
Ouverture exceptionnelle : Lundi de Pentecôte (25 mai 2026)
Durée de la visite : libre
Tarifs & Informations :


