

Tableau à gauche : Bruno Novelli, Terra Maravilhosa, 2023. Photo fk
La plupart des passants et des visiteurs ont gardé le souvenir du Louvre des Antiquaires qui a ouvert ses portes en 1978, place du Palais-Royal,
avec plus de 240 boutiques d’antiquités réparties sur trois niveaux et l’organisation d’expositions temporaires par des galeries d’art. Confronté
à une baisse de fréquentation, le Louvre des Antiquaires a disparu en 2019.
En octobre 2025, la Fondation Cartier a ouvert ses nouveaux espaces dans ce bâtiment haussmannien dont l’intérieur a été totalement repensé par l’architecte Jean Nouvel. Sur 8’500 m2 d’espaces accessibles au public, 6’500 m2 de surfaces, lieux d’échange, sont destinés aux expositions d’arts visuels, de photographie, du cinéma, des métiers d’art, de la performance, du spectacle vivant, de la science.
Lieu de rencontres entre passé et avenir

La Collection de la Fondation Cartier rassemble aujourd’hui plus de
4’500 œuvres, 500 artistes de 60 nationalités. Elle se compose d’œuvres présentées dans le cadre de sa programmation et de commandes passées aux artistes, retraçant à ce jour quatre décennies de création contemporaine internationale.
Les Grands Magasins du Louvre. Dès son ouverture en 1855, le Grand Hôtel du Louvre souhaité par Napoléon III, accueille les boutiques des Galeries du Louvre. En 1887, le Grand Hôtel est déplacé de l’autre côté de la place du Palais-Royal. Au fil des années, le bâtiment est reconfiguré : installation d’ascenseurs, réorganisation des entrées
et des espaces intérieurs, création d’un passage souterrain menant au métro en 1899-1900.
Le Louvre des Antiquaires. En 1973, à la suite de difficultés économiques rencontrées par la Société du Louvre, le bâtiment est vendu.
Les Grands Magasins ferment leurs portes et d’importants travaux s’engagent en 1975 pour transformer le lieu en Louvre des Antiquaires :
la structure intérieure est presque entièrement démolie, des verrières pyramidales sont installées le long des façades extérieures. Le Louvre
des Antiquaires ouvre ses portes en 1978 et disparaît en 2019.
La Fondation Cartier pour l’art contemporain. En 2020, le bâtiment amorce une nouvelle phase de travaux sous la direction de Jean Nouvel
pour accueillir la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Avec une surface d’exposition répartie entre le sous-sol, le rez-de-chaussée et le premier étage, la structure modulaire de ces espaces offre à l’institution presque cinq fois plus de place que ce dont elle disposait, boulevard Raspail. Les étages supérieurs accueillent des bureaux, dont ceux de la Fondation Cartier. Une de ses caractéristiques intérieures, et non des moindres, de ce projet architectural : les cinq plateformes mobiles permettant différentes configurations.
Sciences – Gestes et matériaux – Ecologie et mondes vivants – Architecture
L’Exposition Générale emprunte son titre aux expositions d’objets et de vêtements qui se tenaient aux Grands Magasins du Louvre, véritables
lieux de sociabilité et de découvertes. Elle met en lumière la singularité d’une collection unique qui s’est construite, tout au long de son histoire : architectures, mondes vivants, technologies et sciences se déploient à travers des oeuvres emblématiques et des fragments d’expositions marquantes qui ont façonné l’histoire de l’institution. A voir jusqu’au 23 août 2026.

Bois, métal, mosaïque de pâte
de verre, verre, parfum, Coll. Cartier. Photo fk

de divers oiseaux, et collectées au fil des années sont réunies pour former un tapis. Photo fk

Des visites accompagnées et commenté
sont proposées. Photo fk
L’entrée de la Fondation Cartier en impose ! L’œuvre de Solange Pessoa se distingue par l’usage de matériaux organiques – terre, cuir, graisse animale, plumes, cheveux, os, sang… Cette approche lui permet de développer un langage artistique singulier, fortement sensoriel et viscéral,
qui évoque une relation intime entre l’humain, l’animal, le végétal et le minéral. Intitulée Miracéus, une vaste sculpture d’elle interpelle le visiteur :
un arbre monumental entièrement composé de plumes provenant d’oiseaux divers.

Articulée autour de ces quatre grandes lignes de force qui traversent
la Collection, l’Exposition Générale s’ouvre sur un laboratoire architectural (Machines d’Architecture) où maquettes, dessins, fragments et installations dialoguent avec l’environnement urbain.
La Fondation Cartier fait de l’exposition un lieu de fabrique collective
de récits, connaissances et formes, en prise directe avec son époque. Maquettes, dessins, fragments et installations composent
une ville réinventée et interrogent sur le rôle de l’institution dans la conservation de écosystèmes.
Ci-contre : projet pour le Kinshasa du troisième millénaire (détail), 1997. Bois, carton, carton plume, papier, métal, matériaux divers. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain. Photo fk
Cartographie alternative de l’art contemporain
L’exposition démontre les nouvelles porosités entre art, artisanat et design qui renouvellent les langages plastiques (Making Things). Elle convoque également des pratiques artistiques mêlant technologie, fiction et savoirs scientifiques qui esquissent d’autres manières de lire et d’habiter le monde (Un Monde Réel). Des présentations adjacentes révèlent les trajectoires et démarches individuelles ou collaboratives de certains artistes phares de la collection.

fait de l’exposition un lieu
de fabrique collective de récits, connaissances et formes,
en prise directe avec son époque.







d’œuvres emblématiques
qui constituent aujourd’hui
les lignes de force
de la Collection de la Fondation Cartier
Forte d’un parti-pris d’ouverture sur le monde dans toutes ses géographies, cultures et idiomes, l’exposition se compose d’œuvres uniques
aux univers puissants, traversant une grande diversité de thématiques en résonnance avec notre époque. Elle ne se limite pas aux arts visuels
mais s’étend à l’architecture, aux sciences humaines et non humaines ainsi qu’à l’écologie.


700 x 830, 1982. Photo fk
Panamarenko développe une œuvre originale composée de collages à partir de revues scientifiques, d’objets poétiques bricolés : machines à voler, avions, dirigeables, chars à chenille, automobiles, sous-marins… Ses inventions et engins de grande taille, à l’état de maquette, prototype ou réalisés, sont conçus avec une sophistication nourrie de l’étude du vol des insectes, des sources d’énergie, de l’aéronautique et de références à Léonard de Vinci.

Acier, verre acrylique, peinture, moteur,
tubes fluorescents, caméra, moniteur, matériaux
divers, 600 x 705 x 344 cm Photo fk

L’exposition immersive de Sarah Sze transforme la perception des espaces. Elle assemble des objets du quotidien pour réaliser des installations complexes défiant les frontière entre peinture, sculpture et architecture. Les deux oeuvres présentées s’inspirent d’outils séculaires, le planétarium et le pendule, conçus pour déployer la carte du cosmos et mesurer la rotation de la Terre.
La Fondation soutient, entre autres artistes, le travail de Claudia Andujar. Née en 1931, Neuchâtel, la photographe et photojournaliste vit et travaille à São Paulo, Brésil.

À la suite de cette exposition inaugurale, la Fondation Cartier présentera à partir d’octobre 2026 Le Temps des récoltes, une exposition de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama, accompagné de neuf artistes associés.
Fondation Cartier pour l’art contemporain
2, place du Palais-Royal- F 75001 Paris
Exposition Générale – Jusqu’au 23 août 2026
Fermé le lundi // Mardi : 11 h à 22 h
Mercredi au dimanche : 11 h à 20 h
Le groupe Pic annonce l’ouverture, à l’automne 2026, de sa nouvelle adresse parisienne dans les espaces de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, rue de Rivoli.
A découvrir : de nouvelles créations culinaires signées Anne-Sophie Pic. Un bar signature se révèlera comme un nouveau territoire d’expression dans la prolongation de l’univers de la Cheffe la plus étoilée au monde.
