Mugen (Infini) / (Infinity), 202
Mugen (Infini) / (Infinity), 2021 Torafudake (bambou tigré) / (tiger bamboo) 85 × 50 × 45 (h) cm

Jusqu’au 27 mars 2022, la Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême- Orient rend hommage à Pierre Soulages et au Japon,
dont les chefs-d’œuvre entrent en résonance avec les objets du musée et les œuvres en bambou de Tanabe Chikuunsai IV, quatrième représentant d’une lignée de vanniers d’exception.

Pierre Soulages Huile sur toile Peinture
Tanabe Chikuunsai IV
(Ci-dessus ) Tanabe Chikuunsai IV ~ (Ci-contre) Pierre Soulages Huile sur toile Peinture 202 × 255 cm18 octobre 1984 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. 
Photo Maurice Aeschimann © 2021, ProLitteris, Zurich
Shiomi Masanari

Shiomi Masanari (1646-1719) Inrō (boîte à médicaments) / Inrō (medicine container)
Fond de laque noire, Togidashi / Black lacquer ground, Togidashi Forêt de bambous et banc de brume / Bamboo forest and fog bank 9,4 × 5,4 × 2,2 cm Fondation Baur, CB.LJ.1963.323 © Fondation Baur, photo Marian Gérard

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(A droite : )
Pierre Soulages
Va
se 2000-2008 Porcelaine de Sèvres (pâte nouvelle) / Sèvres porcelain 
(new paste) Emaux de petit feu gris et noir mat / Matt black and grey low-temperature enamels
Dorure à l’or pur 24 carats / 24-carat gilding (édition 6/10) 66 × 34,5 cm © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. 
Photo Thierry Ollivier / © 2021, ProLitteris, Zurich

Pierre Soulages 
Vase 2000-2008

Bols tenmoku aux reflets irisés, porcelaines « noir miroir », laques aux surfaces chatoyantes, travaillées en profondeur, certaines œuvres, captant la clarté jaillie de la nuit révèlent et enchantent les couleurs de l’ombre.
C’est dans le sillage de cet héritage en clair-obscur que les collections de la Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient, riches en perles rares, ont choisi de converser avec quelques-uns des chefs-d’œuvre du maître des « noirs lumière », Pierre Soulages.

Dans le tracé des « formes signes » nourries au brou de noix qui ont marqué les débuts du peintre, certains retrouvent les lignes de la calligraphie
extrême-orientale ; pour d’autres, les épaisseurs diaprées des outrenoirs évoquent la profondeur des laques maki-e, ces peintures saupoudrées de lumière… L’objet de cette exposition est de proposer une autre rencontre avec le pays du Soleil-Levant, née cette fois dans les lignes érigées, le son et la lumière perçant les forêts de bambous ; à la « sculpture abstraite » née selon Pierre Soulages de « l’écriture des branches dans l’espace »,
répondent les tiges et les nœuds du bambou modelé en clair-obscur par un artiste d’exception, aujourd’hui de renommée internationale, Tanabe Chikuunsai IV. Héritier de traditions et de techniques ancestrales, actuel représentant d’une prestigieuse lignée de vanniers, il travaille le végétal
d’un regard neuf, sculptural et lumineux.

ff

Tanabe Chikuunsai IV, maitre du bambou noir

Pierre Soulages Lithographie n. 28
Pierre Soulages Lithographie n. 28, 1970
Épreuve parue dans le n. 34 de la revue XXe Siècle / Print published in no. 34 of the review XXe Siècle 31,5 × 24 cm
Collection particulière / Private collection
© Droits réservés / All rights reserved / © 2021, ProLitteris, Zurich

« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. 
Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. » Pierre Soulages, 2002

Disappear V, 2021
 Sawako Kaijima
Disappear V, 2021. Sur un dessin géométrique de Sawako Kaijima / Geometric design by Sawako Kaijima
Bambou madake et rotin /Madake (Japanese timber bamboo) and 
rattan 19,5 × 17 × 62,5 (h) cm

(A droite : ) Kuchiku Daruma (Daruma en bambou décomposé) / (Darumin Decayed Bamboo), 2021 Hōbichiku (bambou fumé phœnix), kurochiku (bambou noir), rotin, bambou décomposé et laque 
urushi Hōbichiku, phoenix smoked dwarf bamboo kurochiku (black
bamboo), rattan, decayed bamboo
and urushi lacquer 56 × 53 × 58,5 cm 

Disappear I, 2021 dessin géométrique de Sawako Kaijima
Disappear I, 2021
Sur un dessin géométrique
de Sawako Kaijima / 
Geometric design by Sawako Kaijima
Bambou madake et rotin /
Madake (Japanese timber bamboo)
 and rattan
55 × 15 × 40 (h) cm

ss

Kuchiku Daruma en bambou décomposé

« C’est pour moi un immense et merveilleux honneur de présenter mon travail en regard de Pierre Soulages au sein des collections extrême-orientales de la Fondation Baur.

Dans les années 1970, celles de ma naissance, Pierre Soulages a commencé de créer une série d’œuvres dans lesquelles la couleur « noire » prend vie. Même si le noir reste noir, la couleur ne produit pas une impression unique et peut se développer à l’infini. Le noir et la lumière qui pénètrent ses œuvres nous transportent vers un autre monde, spirituel.

Le bambou a des nœuds (yo 節), qui sont ainsi considérés comme des frontières entre différentsmondes (yo renvoie également au caractère « monde » 世). 
L’espace entre les nœuds représente le monde éternel, distinct de celui que nous connaissons. Le bambou agit ainsi comme un matériau médiateur entre notre vie ici-bas et d’autres mondes. De ce fait, la plupart des titres de mes sculptures évoquent la notion de « connexion » et « d’infini ». Les désirs humains, chaotiques et la beauté sont unis par une certaine forme d’énergie; mon travail tend à représenter un monde dans lequel 
les gens sont à la fois reliés entre eux et avec la nature.

Je fends le bambou, et avec un petit couteau, j’extrais soigneusement la largeur et l’épaisseur dont j’ai besoin pour faire des bandes (take-higo 竹籤). Ensuite, je tresse le bambou de façon à exprimer les connexions infinies de ce monde. Je suis alors dans un état méditatif, totalement absorbé 
dans mon processus créatif. Je sens que je peux passer de notre monde à un monde spirituel, un lieu où le bambou et mon cœur ne font qu’un.

Pierre Soulages s’empare du noir avec ferveur, il en perçoit les perspectives, les textures et les expressions en ne s’éloignant jamais de la couleur.
Il permet au noir d’émerger des ténèbres et d’entrer dans la lumière du jour. Ce faisant, il a trouvé un opposé au chaos du noir en en révélant toutes les facettes. Dans cette vie, notre pensée semble avoir un sens, et pourtant ce que nous pensons savoir n’a pas de sens.
Je trouve ce même paradoxe, captivant, dans les représentations de Pierre Soulages»

Tanabe Chikuunsai IV, 2021

Mononofu (Esprit samouraï)
Mononofu (Esprit samouraï) / (Samurai Spirit), 2021 Bambou madake
susudake (bambou fumé) rotin et laque urushi Madake (Japanese timber bamboo),
susudake (smoked bamboo), rattan, and urushi lacquer 71 × 21 × 27 (h) cm
(A droite:) Kazari musubi hanakago Takitsuse
(Cascade ; panier à nœuds ornementaux) / (Waterfall; Basket With Decorative Knots), 2021 Bambou madakesusudake (bambou fumé) rotin et laque urushi Madake (Japanese timber bamboo), susudake (smoked bamboo), rattan, and urushi lacquer 46 × 14,5 × 22 (h) cm
Kazari musubi hanakago Takitsuse
(Cascade ; panier à nœuds ornementaux


L’art de la vannerie de bambou au Japon

Sound of Star, 2021 Bambou madake

Au-delà des évolutions formelles, les techniques de base et les outils sont restés 
sensiblement les mêmes. Ainsi, Chikuunsai IV utilise des machettes et des petits couteaux transmis par son arrière-grand-père pour fendre le bambou. Il a recours à l’eau 
pour le tressage, au feu pour le cintrage et à ses deux mains pour rendre possible l’impossible. Tanabe utilise plusieurs variétés de bambou, dont le bambou géant (madake 真竹), le bambou noir (kurochiku 黒竹), le « bambou tigré » (torachiku ou torafudake 虎斑竹),
poussant uniquement dans l’île de Shikoku, ou encore des bambous exposés à la fumée d’un foyer ouvert durant plusieurs générations (bambou fumé : susudake 煤竹) ce qui leur donne une belle patine brune brillante ; Après une planification minutieuse en vue d’exécuter le tressage, l’assemblage et le nouage, l’artiste complète la forme. Il arrive que certaines œuvres soient achevées à ce stade, mais la plupart des créations de Tanabe sont ensuite laquées 
ce qui leur confère cette finition brillante, noire ou brun foncé, si caractéristique.
Les créations les plus célèbres et récentes de Tanabe sont présentées dans cette exposition.

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Sound of Star, 2021 Bambou madake, rotin et laque urushi /
Madake bamboo, rattan, and urushi lacquer 23,5 × 23,5 × 41 (h) cm

Fondation Baur Genève~Eloge de la lumière Pierre Soulages – Tanabe Chikuunsai IV

Rue Munier-Romilly 8 // 1206 Genève – Suisse // Tél. : +41 22 70432 82
www.fondation-baur.ch

Jusqu’au 27 mars 2022 // Ouvert de mardi à dimanche de 14h à 18h (lundi fermé),
jusqu’à 20h lors des visites commentées publiques

Visites commentées publiques : à 18h30 les mercredis 9 et 23 février 2022, 9 et 23 mars 2022

Affiche Eloge de la lumière

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