
Le château de Versailles présente sa nouvelle exposition, Jardins des Lumières, 1750-1800, au Grand Trianon. A travers une scénographie spectaculaire, le parcours réunissant près de 160 œuvres – peintures, dessins, mobilier, projets d’architecture et costumes – met en lumière la naissance d’un art du paysage affranchi des règles du jardin à la française, célébrant l’irrégularité, la fantaisie et l’évocation philosophique de la nature. En dialogue avec les jardins commandés par Marie-Antoinette au Petit Trianon, l’exposition offre une relecture sensible de sites emblématiques que le public peut découvrir ensuite, tels que le Belvédère, le temple de l’Amour et le Hameau de la Reine.
L’exposition propose ainsi, jusqu’au 27 septembre 2026, une immersion dans les jardins, les idées et l’art de vivre d’une époque aussi inventive que contrastée. Elle s’ouvre sur les débuts du landscape garden, pleasure garden ou picturesque garden, une mode qui naît en Angleterredans les années 1730 et qui traduit une nouvelle manière de penser le jardin. Les jardins sont intégrés dans un plus large paysage. Un tracé irrégulier mêle surprises et points de vue, accidents et reliefs, montagnes, rochers et grottes… L’eau, sous forme de lacs, de rivières, de ruisseaux ou de cascades, y est omniprésente. A partir de 1760, ce modèle de jardins se répand dans les châteaux en Europe.
Reflets d’un art de vivre raffiné et léger
Au XVIIIème siècle, durant le Siècle des Lumières, les idées des philosophes, prônant un retour à la nature et l’usage de la raison, inspirent l’émergence d’un nouveau style de jardins. S’éloignant de la régularité classique du jardin français, ces jardins aux tracés sinueux associent fabriques élégantes ou exotiques et deviennent à la fois des espaces de divertissement et des lieux de réflexion. Cette mode des jardins dits « anglo-chinois » se répand alors dans toute l’Europe, séduisant royauté et aristocratie. Le jardin devient un espace propice à la promenade, au repos où la nature est mise en scène dans un équilibre entre artifice et spontanéité.

Le jardin anglais de Marie-Antoinette au Petit Trianon
En France, le jardin anglais du Petit Trianon, créé pour Marie-Antoinette suscite encore aujourd’hui un engouement de la part du public. Dès 1774, lorsque Louis XVI lui offre la clé sertie de 531 diamants du Petit Trianon, Marie-Antoinette demande la création d’un jardin anglais selon la mode du temps. L’architecte Richard Mique et le jardinier Antoine Richard composent des nouveaux paysages de lacs, montagnes, grottes, rivières, “fabriques” tels le Temple de l’Amour, le Belvédère. Le Hameau de la Reine et l’incarnation de la ferme rustique, à l’extérieur, et aussi luxueuse qu’un palais, à l’intérieur. Conçu comme un véritable décor de théâtre, il deviendra la retraite favorite de la Reine qui y réunit une société choisie avec laquelle elle se livre aux amusements, fêtes et promenades.
Intimité, représentation, élégance et liberté
Ces jardins favorisent l’émergence d’une vie de campagne élégante et largement fantasmée. Les usages évoluent tout comme les apparences : vêtements plus légers, chapeaux de paille tressée, comme en témoignent les portraits peints par Élisabeth Vigée Le Brun et George Romney.



Le jardin devient un espace de sociabilité raffiné, où se mêlent intimité, représentation et liberté. Le mobilier devient un élément essentiel du jardin, non seulement pratique, mais aussi esthétique et sensible. Ameublement d’inspiration chinoise imitant le bambou, tables, chaises ou écrans de cheminées accordés au style des constructions rustiques, à l’antique ou exotiques, canapés de roseaux pour la Chaumière aux coquillages de Rambouillet, mobilier aux épis de Marie-Antoinette pour Trianon, fauteuils de fausses branches ou encore tabouret imitant les roches : il règne alors une grande inventivité dans la création d’un nouveau mobilier de jardin, d’accessoires adaptés à la vie extérieure.
Hubert Robert donne une version inédite de fauteuils et tabourets antiquisants pour décorer la Laiterie de Rambouillet, construite, décorée et aménagée pour Marie-Antoinette en 1787. Un service de soixante-cinq pièces en porcelaine est commandé pour la reine à la manufacture de Sèvres.


En 1777, à la suite d’un pari avec la reine Marie-Antoinette, le comte d’Artois, son beau-frère, fait construire en 64 jours le petit château de Bagatelle dans le bois de Boulogne. Pour cette folie, il commande six grands tableaux au peintre Hubert Robert (1733-1808). Avec la réunion à Versailles de quatre toiles d’Hubert Robert exceptionnellement prêtées par le Metropolitan Museum of Art de New York, l’exposition restitue le décor de la salle de bains du château de Bagatelle et plonge le visiteur dans l’atmosphère spectaculaire de cette pièce.
Scènes de divertissement dans des jardins idéalisés
Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, les jardins, lieux de retraite et de promenade contemplative, sont aussi l’emplacement idéal de fêtes grandioses, de jour comme de nuit : fêtes costumées, féeries nocturnes, jeux, animations pyrotechniques, illuminations et théâtre, promenades à bord d’embarcations voguant sur l’eau, divertissements extravagants et raffinés, dans ces cadres bucoliques. Trois oeuvres majeures de Jean-Honoré Fragonard sont exceptionnellement rassemblées dans l’exposition : La Fête à Saint-Cloud, conservée à la Banque de France et habituellement non exposée, ainsi que La Balançoire et Colin-Maillard, prêtées par la National Gallery of Art de Washington.
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Jardins des Lumières, 1750-1800
Exposition jusqu’au’au 27 septembre 2026 au Grand Trianon
Ouverte au public tous les jours sauf le lundi au Grand Trianon ~ Horaires : 12h – 18h30
Dernière admission : 17h45
Ouverture exceptionnelle lundi 25 mai
Rendez-vous aux Jardins 2026
À l’occasion des Rendez-vous aux Jardins 2026, une programmation en lien avec l’exposition Jardins des Lumières, 1750-1800 sera proposée
tout le week-end des 6 et 7 juin
Informations, visite guidées, événements :
