Magie et occultisme figurent au programme de la 11ème édition du Festival Histoire et Cité… Le Festival des sciences historiques se déploiera du 20 au 29 mars 2026 sur huit sites et régions, notamment au sein des quatre universités romandes. «Comme par magie» explorera les multiples facettes du fait magique, au passé et au présent, dans une approche à la fois scientifique et accessible.

Initié par la Maison de l’histoire, centre interfacultaire de l’Université de Genève (UNIGE), le Festival Histoire et Cité a vu le jour en 2014 avec le soutien de l’association Les Rencontres de Genève Histoire et Cité. Il répond à l’intérêt du public pour les sciences historiques. Plus de 135 évènements gratuits sont prévus et 250 intervenants – chercheuses, chercheurs, autrices et auteurs – attendus. Unique en Suisse romande, cette manifestation est reconnue dans le monde francophone comme l’une des grandes rencontres consacrées à l’histoire de la magie.

Magie pratique
Film L’adorable voisine © park-circus
Faiseur-euses de secret © Pierre Montavon

Depuis le 19ème siècle, à la faveur des révolutions technologiques, la magie a incontestablement conquis de nouveaux territoires – ceux des arts de la scène, de la photographie et du cinéma. Pour sa 11ème édition, le Festival Histoire et Cité explore, à travers le prisme de la magie, les frontières mouvantes entre le réel et le surnaturel, entre le spirituel et l’occulte, entre la science et la croyance, entre le rationnel et le fantastique. Conférences, visites guidées, projections, ateliers et tables rondes permettront de réfléchir à la manière dont ces limites ont été reconfigurées à travers le temps et l’espace, au risque, parfois, de terribles châtiments pour celles et ceux – mages, sorcier·ères ou guérisseur·euses – se réclamant d’une contre-culture religieuse, philosophique et scientifique, voire d’une spiritualité des marges.

Histoire magie de la scène

Superstitions, spiritisme, prestidigitation,
remèdes miracles…

Perçue comme un spectacle, une pratique ancestrale ou la composante d’un rite de passage, la magie charrie quantité d’images, de représentations, de récits, d’émotions et révèle les relations que les sociétés, passées et présentes, entretiennent avec les croyances, les superstitions et ce qui peut être considéré comme étrange ou étranger à l’ordre des choses.
Comment interpréter la persistance du merveilleux et de l’irrationnel dans nos sociétés pourtant gouvernées, depuis le 17ème siècle, par l’empirisme et le rationalisme? Quel regard porter sur les pratiques «magiques» des populations sous domination coloniale, qui furent instrumentalisées pour justifier la répression de groupes entiers ? La magie, noire ou blanche, a changé de formes au fil du temps sans jamais cesser de fasciner. D’abord rituelles et religieuses, ces pratiques furent violemment réprimées au XVIIème siècle avant de se réinventer dans les arts de la scène. Mais l’étrange et l’occulte irriguent toujours nos sociétés, où émergent de nouvelles manières de croire, de guérir ou d’émerveiller.

Figures fascinantes, savoirs occultes et enjeux politiques

La célèbre médium genevoise Élise Müller (1861-1929) sera au coeur de la conférence-spectacle Des Indes à la planète Mars. Les pratiques magiques et leur répression occuperont également une place centrale avec notamment À mort la sorcière ! Le cas Michée Chauderon ou Magiciennes, sorcières, sexisme et racisme. La médecine en représentation, entre magie et savoirs explorera le rapport entre magie et soins tandis que sa récupération politique sera analysée lors de Remagifier le monde sous le IIIᵉ Reich ou 1856 : un magicien français en Algérie. D’autres rencontres, dont Femmes, êtes-vous là ?, souligneront sa dimension critique et émancipatrice.

Festival 2025 – Librairie © Aline Bovard Rudaz
Festival 2025 – Conférence Silvia Sebastiani © Simon Munoz
Festival 2025 – Visite © Aline Bovard Rudaz

Quant à la relève académique, elle sera à l’honneur avec les travaux d’étudiantes et d’étudiants présentés dans Cartographie de la Genève magique et Aux frontières de l’invisible : magie et croyances dans l’arc jurassien. Des formats participatifs pour petits et grands sont également au programme avec l’atelier Jette ton sort pour façonner sa propre tablette à sortilèges, ou Magie pratique pour s’initier aux tours incontournables.

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Pourquoi le merveilleux et l’irrationnel continuent-ils de fasciner ?

D’où vient le regain d’intérêt pour le magnétisme ou la communication interespèces ? Quelles sont les origines de ces pratiques, jadis assimilées à de la sorcellerie? Pendant 10 jours, au programme de «Comme par magie», événement gratuit, ouvert à tous : conférences, films, tables rondes, visites guidées, ateliers et performances conférences à Genève – 24-29 mars, Lausanne – 20-22 mars, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds – 21-28 mars, Nyon, Prangins, ainsi que dans plusieurs communes valaisannes – 21-24 mars. L’arrivée de l’Université de Fribourg renforce également le rayonnement bilingue du festival, avec 22 événements organisés du 23 au 28 mars, dont plusieurs proposés en français et en allemand. 

Livres – Débats – Films – Visites
Sorcières et fées / Mages et magicien·nes / Fantasmagories / Envoûtements / Secrets et mystères / Merveilles / Spiritisme / Divination

Comme par magieVoir le très riche programme sous :
histoire-cite.ch

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