Boulogne-sur-Mer vue

De par sa situation géographique privilégiée sur la Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer est le premier port de pêche français et centre européen de transformation des produits de la mer. Labellisée Art et Histoire, la Ville jouit également d’un patrimoine exceptionnel. Telle qu’elle se présente aujourd’hui, Boulogne est très différente de ce qu’elle était naguère. Entre la Vue de Boulogne prise d’Ostrohove en 1831 – huile sur toile de Philippe Auguste et don de M. Thiers, ministre de l’Intérieur, à la ville de Boulogne, en 1833 (voir en fin d’article) et le cliché pris en été 2018, il y a eu le temp, bien sûr, et des guerres…
A partir de 1815, Boulogne-sur-Mer était une station balnéaire à la mode, le premier port de pêche français et jouissait d’une activité touristique très dynamique, grâce à la mode des bains de mer. Pendant le premier conflit mondial, elle est la base navale de l’armée anglaise et le centre hospitalier des armées alliées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville subit la destruction massive de son port, du front de mer et des quartiers attenants. L’architecte et urbaniste  Roger Berrier, d’origine boulonnaise, est chargé dès 1941 de concevoir un plan de reconstruction : reconversion de l’ancien quartier habité de Capécure en secteur exclusivement portuaire et industriel, transfert de la gare sur la rive droite, mise en place d’une infrastructure autoroutière, création de nouveaux quartiers périphériques…

Boulogne-sur-Mer plage Boulogne-sur-Mer vue sur plage et port

Boulogne-sur-Mer Les terrasses de la falaise

Les quatre buildings du quai Gambetta, érigés dans la perspective du chenal, offrent le visage le plus spectaculaire et emblématique de la reconstruction boulonnaise. Bénéficiant d’une double orientation, les grands appartements proposent notamment un plan extrêmement rationnel séparant les espaces de nuit et les espaces de jour.
Aujourd’hui, Boulogne-sur-Mer est un site touristique incontournable qui attire chaque année de nombreux visiteurs curieux de découvrir ses paysages de bord de mer, sa ville fortifiée, son musée, son beffroi, sa crypte rénovée (la plus grande d’Europe) et le Centre national de la mer Nausicaà. Le grand ensemble immobilier Les Terrasses de la Falaise regroupe 176 logements, 1015 places de parking, 600 m² de commerces, un jardin public.

Ville basse et Ville haute
Au centre de la ville basse, la place Dalton est un des rendez-vous traditionnels des Boulonnais, pour prendre l’apéritif sur un des terrasses des restaurants placés côte à côte, ou pour flâner le long des nombreux stands consacrés aux produits du terroir du terroir gourmand qui a lieu les mercredis et samedis. Les rues piétonnes proposent de multiples commerces.

L’Hôtel de Ville est au coeur de la ville haute. Edifié  en 1734, l’Hôtel de Ville construit en pierre et en brique, enserre le beffroi. Chaque année, de juin à novembre, on peut admirer le jardin éphémère, place Godefroy de Bouillon (descendant de Charlemagne et sans doute né à Boulogne) . Chaque édition propose un thème original et inédit autour de la nature.

Boulogne-sur-Mer place DaltonBoulogne-sur-Mer Hotel de ville et beffroi

 

Ancien donjon roman d’une hauteur de 37 mètres, le Beffroi est le plus vieil édifice de Boulogne. Classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 2005, il abrite un petit musée lapidaire.

Boulogne-sur-Mer restaurant de la Haute VilleLa Révolution a failli faire disparaître définitivement ce symbole de l’Ancien Régime mais la raison l’a emporté car le beffroi était le seul endroit de la ville d’où l’on pouvait observer les bateaux ennemis. Un guetteur est resté en poste à son sommet jusqu’en 1922. Depuis le chemin de ronde on profite d’un panorama complet sur la ville et ses environs, parfois jusqu’à l’Angleterre par temps clair.

Agréable balade le long des rues pavées de la ville haute, bordées de petits bars et restaurants avec cours intérieures et terrasses fleuries, tel le charmant Restaurant de la Haute Ville.

 

Boulogne-sur-Mer le beffroi Boulogne-sur-Mer le beffroi de l'intérieur Boulogne-sur-Mer la ville haute

Le Palais impérial
Hôtel est construit en 1777, il fut occupé de 1803 et 1805 par Napoléon qui y préparait l’invasion de l’Angleterre. A l’époque du Camp de Boulogne, cette demeure fut le siège de l’Etat-major de l’armée des Côtes, la future Grande Armée. Le Premier consul l’occupa pour la première fois en 1803; empereur, il y reviendra avec Marie-Louise en 1810 puis en 1811.
Aujourd’hui, le palais abrite encore le cabinet de travail et la chambre à coucher de l’Empereur. Le site, restauré et meublé selon l’époque, est fermé au public sauf lors des journées du patrimoine et des visites guidées de l’été. La ville a pour projet d’en faire un musée dédié aux épopées napoléoniennes à Boulogne, et ainsi de créer un parcours touristique du patrimoine Napoléonien. Parmi les objets présentés, le magnifique sabre d’honneur et croix de la légion d’honneur portée par Napoléon.

Un château-musée, voyages d’une culture à l’autre
Erigé en même temps que les remparts, classé monument historique, le château comtal est le premier château fort construit sans donjon dans l’histoire de l’architecture militaire. A l’intérieur, les salles les plus remarquables se situent dans la partie basse : chapelle, salle comtale, souterrains. Depuis 1987, il abrite le musée créé en 1825, suite à l’acquisition du cabinet de curiosité du Vicomte Leroy de Barde. En 1926, l’archéologue et médiéviste Camille Enlart fait don de plus de 1’000 pièces de sa collection personnelle d’objets du Moyen-âge et de la Renaissance.

Boulogne-sur-Mer le Palais impérial Boulogne-sur-Mer le Château-musée

De nombreux voyageurs boulonnais partis découvrir le monde ont offert au musée, à leur retour, les objets collectés. Le département d’ethnographie extra-européenne invite le visiteur à un voyage à travers le monde depuis l’Amérique précolombienne jusqu’à l’Océanie, en passant par l’Afrique. Le département des Beaux-arts permet de suivre l’évolution de la peinture depuis le 15ème jusqu’au 20ème siècle, regroupant des noms aussi illustres que Courbet, Corot, Boudin, Sisley, Rodin, Carpeaux, Gallé, ainsi qu’un ensemble d’œuvres d’artistes de la Côte d’Opale.
En 2008, l’artiste abstrait d’origine boulonnaise, Georges Mathieu a fait don d’un ensemble de tableaux. Ces œuvres exposées au musée attestent de l’évolution de l’art du peintre entre les années 1950 et 1990 : rapidité du geste, tâches de couleurs, giclures et projections de peinture issues du «tachisme », signes rappelant la calligraphie chinoise…

La basilique Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception
Important lieu touristique de la ville, cet édifice est classé au titre des monuments historiques en 1982. Le bâtiment colossal, érigé sur les ruines de l’ancienne cathédrale, qui dresse son dôme culminant à 101 mètres, est l’œuvre formidable d’un jeune prêtre, l’abbé Haffreingue.

En l’an 636, une barque mystérieuse s’échoue à Boulogne. Seule à son bord : une statue miraculeuse de la Vierge. Abritée dans l’abbaye édifiée vers 1100, la Vierge nautonière est vénérée encore de nos jours à Boulogne. La statue de la Vierge nautonnière est promenée  en haute mer, puis en basse ville avant de remonter en haute ville et d’être ramenée à la cathédrale.

Boulogne-sur-Mer la cathédraleBoulogne-sur-Mer le dôme de la cathédrale Boulogne-sur-Mer l'autel italien de la cathédrale

Erigée en cathédrale en 1567, Notre Dame de Boulogne attire de nombreux pèlerinages dont ceux de 23 des 26 Rois de France, de 8 Rois d’Angleterre et de millions de pèlerins venant de l’Europe entière. Ce fut le premier centre marial de France. Les Rois offrirent des « cœurs d’Or » à Marie. La Révolution est fatale à l’église et à la statue de Notre-Dame de Boulogne. L’église est vendue comme « bien du clergé ». Les révolutionnaires font brûler la statue en grande pompe le 28 décembre 1793. Aujourd’hui, il ne reste qu’un fragment de main de l’ancienne statue, conservé dans un reliquaire de la cathédrale de Boulogne.
Sous la Restauration, un prêtre enfant du pays, Benoît-Agathon Haffreingue, se démène pour restaurer le célèbre sanctuaire marial. La nouvelle cathédrale est son œuvre personnelle, inspirée de Saint-Pierre de Rome ou des Invalides.. Il met près de quarante ans à la reconstruire (1827-1866). L’argent lui vient de partout : des pauvres et des riches, des puissants et des humbles, des Bourbons et des Bonaparte ! Boulogne-sur-Mer l'autel Torlonia de la cathédrale
Le prêtre dirige lui-même le chantier sans avoir dressé ni dessin, ni plan. Depuis plus d’un siècle et malgré les 450 raids aériens subis pendant la dernière guerre, le dôme est toujours debout.

Un chef-d’oeuvre venu de Rome
C’est le Prince italien Alexandre Torlonia qui offrit cet autel à la Basilique. Réalisé dans les ateliers du Vatican, il fut ramené de Rome en 1866. Un chef-d’oeuvre absolument remarquable de par grandes dimensions – 3,75 m x 2,70 m – mais aussi par les 146 espèces de pierres fines, associées au marbre de Carrare, à l’albâtre, au bronze doré, rassemblées en fines mosaïques figuratives. Sur la face de l’autel tournée vers le dôme, cinq panneaux en mosaïque représentent les évangélistes entourant le Christ.

La crypte, l’une des plus vastes d’Europe
Longue de 128 mètres et large de 42 mètres, la crypte annonce un fabuleux voyage à travers l’histoire, de l’époque romaine à nos jours. Dans l’une des vitrines, un imposant cœur d’argent intrigue : la locomotive gravée en son centre évoque le premier pèlerinage ferroviaire qui, au XIXe  siècle, parvint par la voie du rail jusqu’au sanctuaire marial de la ville.

Boulogne-sur-Mer relique du sang du ChristCe vaste labyrinthe impressionne… Décor gothique et peintures murales : des restes de colonnettes datables du 13e siècle, des murs ornés de fresques figurant des arcatures surmontées de cadres avec personnages. Cuve baptismale du 12ème siècle dont la frise sculptée associe un bestiaire fantastique et des personnages aux têtes mutilées. Vierge noire à l’Enfant représentée selon la tradition,  portée dans une barque conduite par des anges. Fragments de l’orgue ancien : élégantes colonnes en bois et belles têtes sculptées. Une partie d’un bas-relief en albâtre représentant le jeune roi Louis XIV offrant un coeur en or à Marie. Magnifiques pièces d’orfèvrerie : ostensoirs, calices et, pièce-maîtresse du trésor d’art sacré, un boitier circulaire de 7.5 cm de diamètre dont la face émaillée est percée d’un oculus qui jadis laissait apercevoir la relique du Sang du Christ, envoyée de Jérusalem par Godefroy de Bouillon en 1100. Un don  offert à Notre-Dame à l’occasion du mariage d’Isabelle de France avec Edouard II d’Angleterre, célébré à Boulogne en 1308.

 

Boulogne-sur-Mer la crypte Boulogne-sur-Mer colonnes dans la crypteBoulogne-sur-Mer crypte Louis XIV offrant un coeur à Marie Boulogne-sur-Mer crypte Vierge noire avec enfant dans barqueBoulogne-sur-Mer crypte baptistère 12 ème

 

Festival Art urbain – Street art
Désireuse d’embellir la ville, la municipalité à lancé en 2016 un Festival Street art-Urban art. Artistes internationaux et boulonnais ont répondu à l’appel. Fresques monumentales et trompe-l’oeil ont vu le jour sur les murs de la ville et suscitent l’admiration des passants et des touristes.
On peut y voir notamment La ramasseuse d’épaves, de Francis Tattegrain (1852-1915), qui compte parmi les peintures remarquables de l’Ecole de la Côte d’Opale acquises par le Château-musée de Boulogne-sur-Mer. www.ville-boulogne-sur-mer.fr/street-art/

Boulogne-sur-Mer La ramasseuse d'épaves Boulogne-sur-Mer Fresque Art Urbain peintre

Boulogne-sur-Mer Fresque Art Urbain pêcheur

 

(Photos Françoyse Krier)

http://www.tourisme-boulognesurmer.com

www.tourisme-boulonnais.com/fr/boulogne-sur-mer/

 

Voir aussi :

https://www.fykmag.com/nausicaa-centre-national-de-la-mer-boulogne-sur-mer

https://www.fykmag.com/boulogne-sur-mer-le-plus-important-port-de-peche-en-france

https://www.fykmag.com/a-la-decouverte-des-paysages-enchanteurs-de-la-cote-dopale

Le Touquet~Paris~Plage Elégante Perle de la côte d’Opale