Annecy 2019 Out/d'ElodieElsa Tomkowiak

Jusqu’au 15 septembre 2019, une trentaine d’oeuvres artistiques et paysagères installées dans les sites emblématiques de la ville s’offrent aux promeneursArtistes plasticiens, architectes et paysagistes interprètent l’espace urbain et paysager d’Annecy, entre lac et montagnes. Une façon de questionner l’équilibre nature / ville. 

Le festival Annecy Paysages est jumelé avec la manifestation “Lausanne Jardins” dans le cadre d’un projet européen de coopération transfrontalière Naturopolis Annecy / Lausanne.  Flânez et regardez Annecy autrement ! Aperçu de quelques-unes de ces installations à ciel ouvert. Car se promener dans un parc, c’est avant tout faire honneur à la nature…Et s’honorer…

Annecy 2019 Echappée de Sylvie de Meurville :

Out/d’ElodieElsa Tomkowiak : six sphères gonflables et flottantes de 4,5 mètres de diamètre, disposées le long de la promenade d’Albigny, ouvrent le regard sur la grande perspective du lac. Saturées de couleur, elles proposent une nouvelle ponctuation d’un des paysages les plus emblématiques de la ville. Ces formes ballottantes peuvent évoquer tour à tour, des planètes, la lune, des cellules, des bactéries… Le titre Out/Elodie empreinte le prénom donné à un spectrographe qui a permis de découvrir la première exoplanète. Dans le monde ancien, l’astronomie faisait partie des arts et on pensait que le ciel s’organisait en harmonie pour un ciel en concert perpétuel. Ici, c’est un concert pour les yeux, mais rien n’empêche de rêver et tendre l’oreille !

Echappée de Sylvie de Meurville : Découpée, ciselée, une forme apparaît dessinant le tracé des veines d’eau et de paysages. Comme à l’arrêt au bord de l’eau, la haute sculpture métallique fait face au réel. Jolie fenêtre poétique et ludique invitant à une échappée sur le lac et ses montagnes, mise en abîme venant sublimer le paysage. Du haut de ses quatre mètres de hauteur, cette plaque en acier inoxydable filtre la lumière offrant ainsi un autre regard sur la splendeur du site. Reflets de l’eau, miroitements contre le métal transpercé… Le temps est suspendu… Une invitation à la rêverie, une envie soudaine de s’échapper…

 

Annecy 2019 La fabrique renouvelablePavilion Uguns Didzis Jaunzems :

La fabrique renouvelable Atelier Prosper – Jonathan Coat & Alexis Reymond : cet Atelier présente aux Annéciens sa toute nouvelle machine à but pédagogique, où l’usager est le moteur. Son action invite à la discussion autour des énergies renouvelables, des ressources épuisables et permet d’aborder des questions essentielles liées à notre monde en pleine transition. Souffler, pomper, stocker, façonner… voilà les grandes fonctions de cette machine pour le moins originale qui va nous permettre d’appréhender le mécanisme de l’énergie éolienne.

Pavilion Uguns Didzis Jaunzems : Didzis Jaunzems installe un pavillon constitué de centaines de pièces de bois assemblées entre elles pour former 9 éléments remarquables de 6 m de hauteur. Ensemble, ces éléments forment un cercle dans lequel le visiteur est invité à pénétrer et à s’asseoir. Une invitation à la contemplation et à la méditation. Assis à l’intérieur de ce « tipi contemporain », les visiteurs verront le ciel sous une autre forme.

 

Annecy 2019 Troupeau Adjie : 

Annecy 2019 Living Pavilion Behin Ha Design studio :

Annecy 2019 Place aux vers ! potager en villeAnnecy 2019 La haie d’honneur Bob Verschueren :

Annecy 2019 Natures en mouvement Collective RAnnecy 2019 Natures en mouvement bacs de plantes

 

 

Troupeau Adjie : De manière incongrue et enfantine, un petit troupeau de moutons, symbole de l’innocence inhérente à l’enfance, s’installe en plein cœur d’Annecy. Figures de la nature oubliée en ville, ils reviennent là où on ne les attendait plus.

Living Pavilion Behin Ha Design studio : c’est un lieu de rassemblement végétalisé et temporaire constitué de caisses de lait régénérées qui deviendront une surface de croissance pour un jardin d’agrément. Alors que l’extérieur du pavillon rappelle les formes des toits à pignon des bâtiments historiques de la ville d’Annecy, l’intérieur planté crée un jardin suspendu accessible aux passants de la Place Notre-Dame. Comme un « bout de toit » parachuté au milieu de la ville,

Place aux vers ! Collectif Cultures Urbaines – Guillaume Popineau & David Trigolet : ce collectif  propose l’installation d’un potager en pleine ville. Les parcelles naturelles délaissées retrouvent une utilité et un sens, la nature reprend ses droits. Les voisins sont invités à faire vivre les potagers en y fabriquant du compost. Les productions légumières de ces installations sont en libre service à maturité ! Le projet Place aux vers se compose d’un ensemble de modules hexagonaux en bois. Autour d’un module dédié au compostage se greffent des modules de culture dans lesquels sont plantés des aromatiques et des plants de légumes. A travers cette installation, il s’agit de faire de cette place un lieu d’échange et de rencontre pédagogique.

La haie d’honneur Bob Verschueren : installation composée de 10 arbres assemblés deux à deux, plantés dans la terre ; leurs racines sont en l’air et leur tronc est brulé au noir. L’artiste transforme les arbres morts des forêts d’Annecy formant ensemble une haie en œuvre d’art hommage au public invité à traverser l’installation.

Natures en mouvement Collective R – Stefano Riggenbach, Jürg Tröhler, Andreas Stebler, Arnaud Scheurer :  Collective R revisite le jardin traditionnel du Square de l’évêché. Une passerelle invite le visiteur à traverser différentes parcelles et plantations. Le fil de cette promenade est constitué par plusieurs types de végétation des Alpes, des plus courantes aux plus précieuses et rares, poussant à chaque altitude.

 

Annecy 2019 Breathing lotus flower Choi Jeong Hwa :Annecy 2019 Rose #2 (blue) Will Ryman :

 

Breathing lotus flower Choi Jeong Hwa : figure de proue du pop art coréen, l’artiste revient à Annecy avec sa  fleur de lotus géante, dont le mouvement lent des pétales évoque celui de la respiration. Symbole de pureté en Asie, la fleur de lotus nous rappelle ici combien il est important de vivre l’instant présent.

Rose #2 (blue) Will Rymanun bouquet de roses bleues de 3 mètres de hauteur en correspondance avec la végétation « naturelle » des Jardins de l’Europe. Sculpture – installation en résine plastique peinte, la figure de la nature est ici décalée par une vision d’artiste. Effet que l’artiste cherche à produire : un grossissement si grand que l’objet lui-même devient méconnaissable.

Annecy 2019 Il y a des fleurs partout Mannstein & Vill fillette et coqAnnecy 2019 Il y a des fleurs partout Mannstein & Vill fillette pigeonAnnecy 2019 Il y a des fleurs partout Mannstein & Vill fillette pêche

Il y a des fleurs partout Mannstein & Vill : ces artistes et plasticiens berlinois posent leurs collages figuratifs sur les façades le long du canal du Thiou, les montées du Château et le CRR. Les 10 images constituent un récit qui a pour protagoniste une enfant et se déroule de façon cinématographique le long de cette balade. Les images produites, en jouant sur les proportions, les dimensions et les ouvertures sont aussi une relecture du paysage architectural de la vieille ville. Toutes les œuvres de Maria Vill et David Mannstein sont développées à partir de l’histoire, du sens et de la fonction d’un lieu ou d’une situation.

 

Annecy 2019 Dérive des rives Jean-Philippe Poirée-Ville :Annecy 2019 Il y a des fleurs partout Mannstein & Vill fillette navire

Dérive des rives Jean-Philippe Poirée-Ville : Une sphère végétalisée de 6 mètres de diamètre porte trois lianes fleuries sur lesquelles poussent trois types de végétations. Posée sur le Thiou, déversoir du lac d’Annecy, elle se nourrit de son eau. Une pièce qui tisse les liens entre l’ornementation architecturale et le végétal…

Annecy 2019 Follow the leaders - Isaac Cordal :  Annecy 2019 Dystopia - Thomas Voillaume : 

 

Follow the leaders – Isaac Cordal : Dans le bassin d’un ancien embarcadère au bord du lac, Isaac Cordal installe une vingtaine de personnages figurant une assemblée de décideurs débattant des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique. Au delà de tout aspect polémique, l’œuvre s’impose par le rapport à la nature et au temps qu’elle incarne jusqu’à l’absurde. L’œuvre de cet artiste street-art s’inspire d’une installation éphémère réalisée à Berlin en 2011. Il nous invite à porter une attention particulière sur la relation que nous entretenons avec l’environnement. Les sculptures réalisées en résine polyuréthane peintes sont vissées sur un socle en métal et plongées dans l’eau, laissant libre cours à l’imagination de chacun.

Dystopia – Thomas Voillaume : Dans le bassin des Cordeliers, Apach construit un ensemble urbain, bâtiments de différentes tailles, une ville quasi submergée par les eaux du Thiou… évoquant la montée des eaux et le réchauffement climatique qui passent inaperçus par une population trop préoccupée par le quotidien. Thomas Voillaume n’a qu’un mot d’ordre : l’exploration ! Que ce soient les univers virtuels, les étendues infinies de l’imaginaire ou les paysages de notre vaste monde. Dystopia, ville moderne, en est l’une des figures.

Annecy-paysages.com

Texte DP – et photos Françoyse Krier