
Pour sa nouvelle saison, le mudac présente deux expositions consacrées aux relations entre magie et design : Hocus Pocus et Rencontrologie qui explorent les liens entre création contemporaine et pratiques magiques, ainsi que la manière dont elles peuvent nous permettre de percevoir “les mondes”.
La commissaire de l’exposition rappelle que le 1er octobre 2026 correspond aux 100 ans mort de Harry Oudini, illusionniste le plus réputé du XXème siècle, américain d’origine hongroise (1874 – 1926). Et que derrière une vitrine on peut voir le chapeau de Jean-Eugène Robert-Houdin le plus célèbre magicien du XIXème siècle, (1805 – 1871). Couvre-chef qui sort de France pour la première fois et exposé parmi les 200 objets que compte l’êxposition.
Hocus Pocus ~ Le design de l’invisible
Ingéniosité et détournement : la première exposition, Hocus Pocus, revisite l’enchantement de la vie quotidienne par le biais du design et met en lumière les liens entre magie et design de la fin du 19ème siècle à nos jours. À travers les figures de grands illusionnistes, les inventions techniques, les arts populaires et les imaginaires du spiritisme, elle montre comment les designers — à l’image des magiciens — mobilisent innovation, mise en scène et illusion pour produire fascination et émerveillement.



L’expression hocus-pocus désigne principalement une formule magique de prestidigitation (style abracadabra) ou un mot pour parler de tromperie, de supercherie… Le violet prédomine le décor : en magie, le violet est associé à la spiritualité et incite à tourner le regard vers l’intérieur, à dépasser les apparences et à faire confiance à son intuition plutôt qu’aux influences extérieures. C’est une teinte privilégiée pour la méditation, la concentration. Dans l’imaginaire ésotérique, les mages violets sont souvent décrits comme des maîtres de l’illusion et de la divination, capables d’entrer en contact avec des esprits familiers et de mener des rituels de communion spirituelle profonde.



L’exposition débute à travers Jean-Eugène Robert-Houdin, premier magicien moderne. Inventeur d’automates et d’horloges, dépositaire de brevets et concepteur d’une maison domotique avant l’heure, il ne diffère en rien des designers, dans ses approches, objets et objectifs. Il connaît un immense succès sur la scène de son Théâtre des Soirées Fantastiques à Paris qui sera racheté par le grand cinéaste Georges Méliès. S’ensuit un gros plan sur l’escamotage à travers trois cas d’étude : celui de Harry Houdini, le « roi des menottes », qui met en scène des évasions spectaculaires devant les foules ; celui de l’effacement d’Alice Guy dans l’histoire du cinéma; et celui de Henry Brown qui, en 1848, alors qu’il est encore esclave aux États-Unis, décide d’échapper à son sort en se faisant expédier par voie postale, caché dans une simple caisse.







Escapologie : l’art de disparaître :
Rencontrologie ~ Design pour des mondes magiques
Rencontrologie explore l’idée que certaines pratiques magiques, loin d’être desimples superstitions, du fait de leur résistance tenace au régimemoderne, entament les transitions dont nous avons collectivement et individuellement urgemment besoin.
designers : être qui jouent à tromper.
En parallèle, Rencontrologie déplace le regard vers des pratiques magiques contemporaines envisagées comme des technologies relationnelles. Réunissant installations immersives, objets rituels, œuvres spéculatives et une sélection de pièces issues de la collection du mudac, l’exposition explore d’autres manières d’entrer en relation avec le vivant, les non-humains et les mondes invisibles. En proposant des formes inédites de dialogue entre design, invisible et écologie, l’exposition invite à imaginer denouvelles façons d’être au monde, faisant du design un médiateur entredes réalités multiples.


