Cuno Amiet Prés jaune avec arbre, vers 189
Pré jaune avec arbre, vers 1898. Huile sur toile. Collection privée
Cuno Amiet Fin d'été à la Oschwand dit aussi Le vieil arbre, 1952
Fin d’été à la Oschwand dit aussi Le vieil arbre, 1952. Huile sur toile. Collection privée
Cuno Amiet Les arbres rouges, vers 1925
Les arbres rouges, vers 1925. Huile sur toile. Collection privée, Lugano
Cuno Amiet Paysage d'hiver, 1901.
Paysage d’hiver, 1901. Huile sur toile. Collection Christoph Blocher

Le Musée d’art de Pully consacre une exposition au peintre soleurois Cuno Amiet (1868-1961) en explorant son œuvre de paysagiste au prisme de quatre saisons. Une soixantaine de peintures et de nombreuses œuvres sur papier – issues notamment de la collection du musée – retracent la richesse de sa production paysagère. A voir jusqu’au 10 janvier 2027.

Figure majeure de l’art suisse du tournant du XXème siècle, Cuno Amiet se classe, avec Ferdinand Hodler et Giovanni Giacometti, parmi les précurseurs de l’art moderne suisse. Membre du groupe d’artistes allemand Die Brücke, ce peintre, graveur et sculpteur a joué un rôle prépondérant dans la diffusion du post-impressionnisme français en Suisse. Le rythme des saisons constitue pour cet artiste une source d’inspiration intarissable. Dans le hameau bernois de la Oschwand, il observe au jour le jour, dans le jardin qu’il aménage autour de sa maison,
les transformations de la nature.

Cuno Amiet Autoportrait dan le jardin, 1921
Autoportrait dan le jardin, 1921. Huile sur panneau de fibre de bois. Collection privée

Est peintre celui qui de prime abord ne regarde pas seulement avec les yeux, mais envisage immédiatement aussi le moyen dont il se servira pour reproduire sa vision.

Cuno Amiet

Diversité des formes et des couleurs de la nature

La plupart des œuvres de Cuno Amiet ont été réalisées à la Oschwand, un hameau du canton de Berne où l’artiste s’était établi et disposait d’un grand atelier. La nature, ses formes et ses couleurs, a été pour lui l’occasion d’expérimentations audacieuses, de capter les variations de lumière et de matière, avec une liberté toujours réinventée.
Formé à Munich, à Paris, Cuno Amiet fait de la couleur le cœur même de l’expérience picturale. A l’été 1892, Cuno Amiet séjourne à Pont-Aven.
Il n’y rencontre pas Gauguin mais se lie d’amitié avec le peintre irlandais Roderic O’Conor. Tous deux partagent une vision de l’avant-garde qui marquera durablement l’évolution stylistique d’Amiet avant son retour en Suisse. Installé dès 1898 à la Oschwand, dans le paysage vallonné de l’Emmental, Amiet trouve dans la nature un motif inépuisable de création : printemps éclatants de floraisons, étés baignés de lumière, automnes embrasés de rouges et d’ocres, hivers aux reflets bleutés ou rosés… Jusqu’à la fin de sa vie, Amiet revient sans cesse à la thématique des arbres en fleurs, émerveillé par une nature qui, chaque année, renaît avec la même force. Peignant souvent les mêmes vues au fil du temps, il en transforme les harmonies chromatiques, les structures formelles et l’intensité émotionnelle. Le jardin occupe une place singulière dans l’œuvre de Cuno Amiet qui en fait l’image d’un lieu idéal, où la nature, les fleurs et les figures humaines vivent en parfaite harmonie. 

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Cuno Amiet Printemps, 1897 (détail)
Printemps, 1897 (détail). Huile sur toile marouflée sur bois. Saint-Gall. Kunstmuseum, Dr. Max-Kuhn-Stiftung
Cuno Amiet Peintres dans le jardin à la Oschwand, 1910.
Peintres dans le jardin à la Oschwand, 1910. Huile sur toile. Collection privée.
Cuno Amiet Jeune fille dans le jardin, 1922.
Jeune fille dans le jardin, 1922. Huile sur toile. Museum zu Allerheiligen, Schaffhouse. Collection Kunstfreunde
Cuno Amiet Mère et enfant, 1901.
Mère et enfant, 1901. Huile sur toile. Saint-Gall. Kunstmuseum, don du Dr. Karl Hensler
Cuno Amiet  Hellsau, 1891 (détail).
Hellsau, 1891 (détail). Huile sur toile marouflée sur bois. Collection privée

Le printemps incarne pour Cuno Amiet la promesse d’un renouveau perpétuel, l’éveil de la nature que l’artiste célèbre tout au long de son œuvre : prairies de pissenlits, magnolias, forsythias, arbres fruitiers en fleurs, vergers qui comptent parmi les motifs les plus chers à l’artiste. Le jaune – couleur de la lumière, de la joie et de l’énergie vitale – occupe de tout temps une place essentielle dans la vision du printemps. Cette vision du printemps, symbole du renouveau de la nature et de l’humanité se prolonge dans Mère et enfant (1901) et dans le Double portrait de Cuno et Anna Amiet (1903). La maternité, l’union du couple et les fleurs y deviennent les métaphores d’une nature féconde et d’une vie en devenir. 

Cuno Amiet Paysage du printemps, 1906
Paysage du printemps, 1906. Huile sur toile. Soleure, Kunstmuseum, don de l’artiste
Cuno Amiet Parterre de zinnias, 1912. Détail
Parterre de zinnias, 1912 (détail). Huile sur toile. Collection privée © SIK-ISEA, Zurich / Philipp Hitz Ô D. Thalmann, Aarau, Switzerland
Cuno Amiet Coucher de soleil, vers 1950
 Coucher de soleil, vers 1950. Huile sur toile. 
Collection privée © SIK-ISEA, Zurich Ô D. Thalmann, Aarau, Switzerland
Cuno Amiet L'Atelier en automne, 1906.
L’Atelier en automne, 1906. Huile sur carton. Collection privée © SIK-ISEA, 
Zurich Ô D. Thalmann, Aarau, Switzerland
 
Cuno Amiet Double portrait (Cuno et Anna Amiet), 1903
Double portrait (Cuno et Anna Amiet), 1903. Tempera sur toile. Collection privée.

Du printemps éclatant à l’hiver subtil
et silencieux

Au Musée d’art de Pully, chaque salle présente des chefs-d’œuvre absolus, prêtés pour la plupart par des musées ou provenant de collections privées. Cuno Amiet est un artiste qui a la cote, qui compte deux participations à la Biennale de Venise en 1934 et
en 1954, et dont les œuvres – 3000 tableaux répertoriés – sont
de qualité. En 1921, un tragique incendie survenu au Palais
de verre de Munich détruisit une cinquantaine
de ses œuvres majeures réunies en une grande rétrospective.

Cuno Amiet Le jardin de la ferme, vers 1907
Le jardin de la ferme, vers 1907. Huile sur toile. Collection privée
Cuno Amiet Au Jardin, 1911.
Au Jardin, 1911. Dépôt de la Collection privée Fondation Sturzenegger. Museum zu Allerheiligen, Schaffhouse / Rolf Wessendorf Ô D. © Thalmann, Aarau, Switzerland
Cuno Amiet Paysage d'hiver, 1907.
Paysage d’hiver, 1907. Huile sur toile. Collection privée

Après 1904, les figures disparaissent peu à peu de ses paysages d’Amiet , tandis que les arbres en fleurs, la lumière et la couleur portent désormais,
à eux seuls, l’idée du printemps. L’été est pour lui un véritable laboratoire pictural : paysages agricoles et scènes de moisson s’inscrivent encore
dans une esthétique naturaliste. Le peintre joue sur les contrastes de couleurs pour marquer les volumes. En cinq ans, ce coloriste, cloisonniste, pointilliste, passe d’un style naturaliste à une utilisation des techniques picturales les plus modernes de son temps.
À partir de 1905, sa peinture de Cuno Amiet atteint une nouvelle maturité teintée d’une remarquable liberté. Il privilégie des aplats colorés, des formes simplifiées et une organisation renouvelée de l’espace. Les paysages d’été deviennent alors un espace d’exploration de la couleur, de la matière et des sensations qu’elles suscitent. L’éclat des verts, des jaunes et des rouges traduit l’abondance de la nature et l’intensité de la chaleur.

Succession de rythmes colorés et de formes simplifiées


Associé aux récoltes, aux vergers et aux fruits, l’automne est la saison de l’abondance et de la maturité qui symbolise l’accomplissement du cycle de la nature comme celui de la vie humaine. Pour Cuno Amiet, l’hiver est option à exploiter sa palette. Il représente les collines de l’Emmental, les vergers enneigés et, exceptionnellement, les sommets alpins. Car, bien qu’il apprécie les excursions dans les Alpes et le ski et contrairement à ses contemporains suisses, il peint rarement la haute montagne. La neige, loin d’être uniformément blanche, révèle une étonnante richesse chromatique : bleus, violets, jaunes ou verts modulent les ombres et les zones lumineuses. L’artiste cherche à traduire une sensation :
celle d’une nature silencieuse où la lumière révèle, derrière l’apparente monochromie de l’hiver, une palette de couleurs d’une infinie richesse.

Cuno Amiet Paysage d'hiver avec arbustes, 1905.
Paysage d’hiver avec arbustes, 1905.
Gravure sur bois. Soleure, Kunstmuseum,
legs Frieda Liermann, 1958
Cuno Amiet Paysage d'hiver avec un corbeau, 1951.
Paysage d’hiver avec un corbeau, 1951. Lithographie. Collection privée
Cuno Amiet Coucher de soleil, 1956.
Coucher de soleil, 1956. Lithographie.
Musée d’art de Pully
Cuno Amiet Promeneur joyeux, 1950.
Promeneur joyeux, 1950. Lithographie. Collection privée

Œuvres graphiques, dessin, gravure, lithographie

En parallèle de son activité picturale, Cuno Amiet a développé une pratique riche et constante des arts graphiques. L’exposition invite à découvrir deux salles consacrés à ses œuvres sur papier ainsi qu’un ensemble de lithographies et d’aquarelles qui constituent un espace d’expérimentation où l’artiste transpose, simplifie et renouvelle ses motifs favoris. L’aquarelle lui offre la spontanéité nécessaire pour retranscrire les paysages
qu’il observe dans son jardin ou lors de ses voyages. Cette pratique trouve un prolongement dans les vœux de bonne années (Neujahrsblätter). De 1921 à 1960, Amiet réalise chaque année une lithographie – saisons, paysages ou  grands moments de sa vie – qu’il fait imprimer à plusieurs centaines d’exemplaires avant de l’adresser à ses proches, collectionneurs et amateurs.

L’exposition Cuno Amiet – Les Quatre Saisons propose d’apporter un nouvel éclairage sur un artiste encore trop peu exposé en Suisse romande. Le Musée d’art de Pully, à la fois ouvert sur son jardin et tourné vers le lac, offre un cadre sensible à ces paysages baignés de lumière.

Exposition Cuno Amiet – Les Quatre Saisons
Jusqu’au 10 janvier 2027
Musée d’art de Pully, Ch. Davel 2, CH-1009 Pully
 

Ouvert du mardi au vendredi de 14 h à 18 h. Le samedi, le dimanche et les jours fériés de 11 h à 18h.
www.museedartdepully.ch

Tous les premiers samedis du mois, des médiatrices culturelles sont présentes dans l’exposition pour répondre à vos questions.
Profitez de leurs connaissances pour bénéficier d’éclairages particuliers sur les œuvres exposées.

Musée d'art de Pully façade
Vue depuis le Musée d'art de Pully
Photos sans mention : fk
Musée d'art de Pully fenêtre sur le bourg

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