
Après cinq années de travaux, le « Musée Alpin » qui fête cette année ses 100 ans, rouvre ses portes le 11 juillet 2026,
sous l’appellation « Musée du Mont-Blanc ». Doté de 1800 m2 de surface d’exposition, le nouveau musée invite à un parcours d’exposition modernisé autour de la relation de l’humain à la montagne sur le territoire du Mont-Blanc : récits liés à la montagne, exploits sportifs,
regards d’artistes, évolution du paysage inhérent au réchauffement climatique…

de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc), Gabrielle Michaux
(Directrice du réseau des Musées de la ComCom de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc),
Dominique Willième (Directeur des Affaires culturelles
de la ComCom de la Vallée de Chamonix-Mt-Blanc)

Espace pour comprendre, ressentir et agir
La scénographie sous une forme attrayante et contemporaine, collection exceptionnelle de près de 15 000 pièces couvrant l’histoire du territoire et de l’alpinisme, dont près de 500 acquisitions récentes mettant en scène la période des années 1950 à aujourd’hui. Pour l’architecte Guillaume Girod, il était important que les visiteurs perçoivent, dès l’entrée, l’esprit Belle Époque du palace : grande banque d’accueil recréant l’illusion d’un bloc de glace, balcon d’apparat, doubles hauteurs… Afin d’accueillir les visiteurs du monde entier, le musée propose une visite en quatre langues.
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Un bâtiment historique datant de 1914
L’histoire du musée du Mont-Blanc débute en 1898 : Joseph Cusin-Berlincourt, collectionneur passionné par l’histoire de la vallée, fonde le musée Alpin et du Mont-Blanc et, en 1920, offre à la commune les 72 pièces de sa collection personnelle. En juillet 1926, ouverture du premier musée communal dans une salle de l’Hôtel-de-Ville. En 1937, les œuvres, reléguées dans les combles de la mairie, tombent peu à peu dans l’oubli. En 1969, la collection, confiée à l’association des Amis du Vieux Chamonix, est installée dans une salle de l’ancien Chamonix Palace. En 2001, la commune prend la gestion de l’établissement, qui obtient l’appellation
« musée de France ».
Depuis 2010, la gestion du site est assurée par la Communauté de Communes de la vallée de Chamonix.

Installation au Chamonix Palace
Achevé en 1914, l’élégant Chamonix Palace accueille alors les touristes fortunés qui affluent de toute l’Europe. Mais les bouleversements politiques et économiques du XXe siècle ont raison de cet hôtel de luxe et en 1959, le Chamonix Palace est transformé en résidence d’appartements. En 1969, d’importants travaux permettent d’installer le musée Alpin au rez-de-chaussée et à l’entresol de la partie ouest du bâtiment. Les travaux de 2024-2026 réaménagent les espaces du musée, créent son accès depuis l’espace public, restituent la rotonde d’origine et réinterprètent les codes de la Belle Époque pour accueillir le nouveau musée du Mont-Blanc.


L’exposition est scindée en deux espaces : le premier, en mezzanine, retrace les débuts de la conquête du Mont-Blanc avec quelques grands noms
de l’alpinisme – Balmat, Paccard ou Saussure –, et présente les travaux scientifiques et de cartographie de Vallot et Janssen. Depuis la mezzanine,
les visiteurs ont vue sur les magnifiques tableaux de Gabriel Loppé, en contrebas.

et Aline Da Costa, médiatrice culturelle

Gabriel Loppé (1825-1913) était aussi photographe et voyageur



A l’étage inférieur, le second espace propose une immersion dans l’évolution de l’alpinisme du XIXème siècle à nos jours : grandes stèles d’exposition, photographies, films, stations d’écoute, zone ludique située dans la nouvelle rotonde du musée, autour du bivouac des Périades, ancienne petite cabane écroulée en été 2019 après l’effondrement du rocher sur lequel elle était exposée, qui a été rapatriée au musée. Défini comme “l’art de gravir les sommets”, l’alpinisme a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2019.







Conserver la mémoire de la vallée
Trois thématiques sont proposées aux petits comme aux grands, du passionné de montagne aux familles, du francophone au public international : Adaptations – qui retrace l’évolution de Chamonix et de la vie des populations locales avec des zones multimédias pour sensibiliser aux enjeux climatiques : essor de l’économie touristique, début des sports d’hiver…
Exploits – L’alpinisme est inventé dans le massif du Mont-Blanc au 18ème siècle. Ce parcours en explore les caractéristiques toujours renouvelées,
avec d’immenses stèles inclinées, dont le revers est habillé de photographies grand format. Il plonge le visiteur au cœur de l’univers de la haute montagne : Saussure et le Mont-Blanc, la cascade de glace qui consiste à grimper des formations glaciaires, Joseph Vallot et l’observatoire du
Mont-Blanc, collection d’objets, évolution de technique et du matériel d’alpinisme.



Ci-contre, des minéraux vendus dans les commerces au XIXème siècle. En bas, la lunette astronomique utilisée par Joseph Vallot, de 1905 à 1925
Paysages – Dès les débuts du tourisme, les paysages du territoire du Mont-Blanc ont attiré les artistes. Riche d’estampes, de dessins, tableaux et affiches, l’exposition permet d’explorer les représentations artistiques du territoire, grâce aux œuvres d’artistes tels que Charles Bertier, Georgette Agutte, artiste peintre et sculptrice aux tableaux peints sur fibrociment qui s’apparentent à des fresques murale, Edgar Bouillette, Henri Contencin
ou encore Thomas Ostoya. Les visiteurs découvrent l’évolution du regard porté sur le paysage de montagne du XVIIIème siècle à aujourd’hui. Mais surtout les pièces exceptionnelles que sont les grandes toiles de Gabriel Loppé, peintre alpiniste de Chamonix.


Le bivouac
des Périades
Un bivouac est installé depuis 1928 dans l’arête des Périades, au coeur du massif du Mont-Blanc. Construit par Paul Chevalier, il est utilisé régulièrement par des cristalliers. En août 2019, le dégel du permafrost provoque un affaissement du terrain sous le bâtiment. Une cagnotte sur internet est organisée pour stabiliser l’abri. Mais le risque d’effondrement sur le glacier en contrebas est confirmé. Il est finalement décidé de retirer le bivouac qui est remplacé par une construction neuve,




Dès le début du tourisme, les paysages du territoire du Mont-Blanc ont attiré le artistes. Certains artistes privilégient le pittoresque tandis que d’autres associent observation rigoureuse et interprétation personnelle.
Au 18ème et 19ème siècles, les estampes diffusent les paysages du Mont-Blanc.
Au 20ème siècle, nombreuses estampes, peintures, films et affiches touristiques montrent une nouvelle image de la montagne.





Lieu de partage destiné à rassembler les générations autour d’un patrimoine commun, ce musée vivant offre un espace culturel moderne avec accès et circulation pour tous les visiteurs, passionnés de montagne ou simples curieux. Conçu pour offrir un agréable moment de découverte en famille ou entre amis, le musée propose de beaux objets hérités du passé, pièces d’exception, tableaux, mais aussi des activités ludiques ou numériques, des supports audiovisuels pour interagir. Un parcours ponctué de temps actifs ou plus calmes, rendant la visite à la fois moderne et vivante.
Bien plus qu’un musée, c’est une porte ouverte sur l’avenir…

L’extraordinaire histoire du bâton de Balmat


C’est toujours avec émotion que Denis Pivot, guide, pionnier de la Pierra Menta (première course de ski-alpinisme), ancien entraîneur de l’équipe de France de ski-alpinisme, présente la rocambolesque histoire du bâton de Balmat.
A l’époque, l’ascension du mont Blanc se fait avec seulement des grosses chaussures aux semelles en bois. Ni corde, ni crampons, seul un bâton à bout ferré est le compagnon de route des montagnards. Un bâton aux multiples usages puisqu’il sert à traverser les crevasses, à monter à la perche le long du bâton au lieu d’escalader, puis se laisser glisser, en descente, le long du bâton. Ou encore, avec deux bâtons parallèles placés sous les bras, encadré par deux guides, le client avance à la manière d’une chaise à porteurs. Jacques Balmat, cristallier et chasseur de chamois, et Michel Paccard avaient tous deux leur bâton, mesurant entre 2 m 72 et 3 m 25. Lorsque Balmat meurt en 1834 (attiré par la fièvre de l’or, après avoir trouvé quelques pépites dans le Cirque du Fer à cheval, mais couvert de dettes. Son corps n’a jamais été retrouvé) sa famille décide de vendre ses affaires aux enchères. Un charpentier des Houches qui pratiquait l’escalade (le mot alpinisme n’existait pas) acquiert le bâton.
Rentré chez lui, le nouvel acquéreur constate que la douille située juste au-dessus de la pique, la “piout” en patois savoyard, seul élément de valeur, est fendue, donc inutilisable. Le bâton passe en mains de Pierre Devouassoud (1801-1861), forgeron, qui a proposé un échange : un bâton neuf contre le bâton abîmé. C’est ainsi que la famille Devouassoux devient propriétaire du bâton – dit de Balmat – qui fait son apparition un siècle plus tard, orné de rubans, lors de l’inauguration de la statue Balmat et Saussure, en 1887. Un siècle plus tard, Gérard Devouassoud sauvera d’une noyade certaine le document certifiant de l’existence et de l’achat du bâton de Balmat.
Pour les besoins d’un livre sur l’histoire des fabricants de la Vallée de Chamonix, Denis Pivot commence à enquêter, tisse des liens d’amitié avec Thomas Devouassoud (6ème génération de cette famille) qui lui confirme détenir ce fameux bâton. C’est ainsi que Denis Pivot verra pour la première fois le bâton tant recherché qui s’avère être l’ancêtre de tout le matériel d’alpinisme. Et qui a trouvé sa place définitive au Musée du Mont- Blanc.
Le Musée du Mont-Blanc // Avenue Michel Croz
74400 Chamonix-Mont-Blanc France
