Musée de Bourgoin-Jallieu<br> exposition Indigo Vêtements et Textiles du monde

Après Nîmes, Clermont-Ferrand, Paris, Papà (Hongrie) et Santa Fe (États-Unis), la collection de la créatrice Catherine Legrand “Indigo, vêtements et textiles du monde” est exposée au Musée de Bourgoin-Jallieu jusqu’au 17 novembre 2019. En accueillant cette exposition internationale sur les vêtements et les textiles du monde, la ville renoue avec son histoire d’impression sur étoffe et son passé tisserand.

Dans l’histoire de la teinture des textiles, l’indigo occupe une place prépondérante. Ce pigment végétal, connu depuis plus de 4’000 ans, a en effet suscité un engouement universel. Parmi les matières naturelles colorantes, l’indigo est sans doute la plus célèbre, l’une des plus répandues et des plus chargées d’histoire également.

Créée par la collectionneuse Catherine Legrand, cette exposition entraîne les visiteurs dans un tour du monde exceptionnel – du Japon à la France en passant par la Chine, l’Inde, le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Europe de l’Est – dans tous ces pays où le quotidien se teint en indigo.

A partir de vêtements de fêtes ou de vêtements modestes de travail, de l’uniforme du postier au kimono du pêcheur, les textiles présentés vous invitent à suivre un périple bleu mettant à l’honneur la richesse des nuances, la variété des formes, des cultures et des identités, tout en démontrant l’universalité de savoir-faire partagés par les teinturiers du monde entier.

Musée de Bourgoin-Jallieu<br>vue de l'exposition IndigoMusée de Bourgoin-Jallieu<br>affichage exposition Indigo

Musée de Bourgoin-Jallieu<br>kimonos exposition IndigoMusée de Bourgoin-Jallieu<br>habits de travail

De la feuille verte au tissu bleu

Parmi les matières naturelles colorantes, l’indigo est sans doute la plus célèbre, l’une des plus répandues et des plus chargées d’histoire. Il existe un grand nombre de plantes permettant une teinture en bleu : entre 200 et 700 espèces selon les sources consultées. Elles appartiennent à des familles botaniques extrêmement diversifiées et à des flores très diverses, aussi bien tempérées que tropicales. Parmi ces plantes, les plus célèbres sont les différentes espèces d’indigotiers (notamment Indigofera tinctoria et Indigofera suffruticosa) présentes dans les régions tropicales (en Afrique, en Inde, dans le Sud-Est asiatique et en Amérique centrale) ainsi que le pastel européen (Isatis tinctoria), adapté au climat tempéré.
A la fin du XIXème siècle, les chimistes ont démontré que la couleur extraite de toutes ces plantes tinctoriales résulte bien du même pigment, nommé indigotine (ou parfois simplement indigo). Les différences de teintes obtenues ne sont dues qu’aux variations de concentration des principes actifs présents dans les plantes, ainsi qu’à certaines impuretés associées aux différentes techniques d’extraction. On parle maintenant de “plantes à indigo” aussi bien pour les indigotiers et pour le pastel que pour d’autres plantes comme la renouée des teinturiers Indigofera tinctoria (indigotier, indigo des teinturiers ou encore indigo des Indes).

La culture de l’indigotier s’est répandue dans les régions tropicales et tempérées de l’Asie, de l’Amérique et de l’Afrique. La plante est exploitée en Inde, au Proche-Orient et en Égypte. Isatis tinctoria (pastel des teinturiers ou guède). Cette plante herbacée bisannuelle, de la famille des Brassicaceae, pousse à l’état sauvage en Europe du Sud-Est ainsi qu’en Asie centrale et en Asie du Sud- Ouest. Utilisée comme plante médicinale et tinctoriale par les Grecs et les Romains de l’Antiquité, elle fut largement cultivée au cours du Moyen-Âge et de la Rénaissance en Europe.

Cependant, la molécule d’indigotine ne se trouve pas telle quelle dans les plantes, mais sous la forme de précurseurs totalement incolores. Ce n’est qu’une fois extraits de la feuille fraiche, après un certain nombre de traitement, qu’ils produiront la précieuse molécule.

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Musée de Bourgoin-Jallieu - Indigo tissusMusée de Bourgoin-Jallieu - Indigo tissus robe Musée de Bourgoin-Jallieu - Indigo tissus gros planLe Musée de Bourgoin-Jallieu

Installé au coeur de la ville, dans l’ancienne chapelle des Antonins (1503) et l’Hôtel-Dieu (XVIIIème siècle), le Musée de Bourgoin-Jallieu fête cette année ses 90 ans. Chaque année l’équipe du musée propose une exposition inédite, en lien avec le positionnement textile et Beaux-arts. Lieu de vie permanent, des ateliers, des conférences, des visites ou des spectacles sont proposés toute l’année. L’entrée du musée est gratuite pour permettre un accès aux structures culturelles sans modération.

Spécialisé dans le textile et les beaux-arts, en accueillant l’exposition “Indigo, vêtements et textiles du monde”, le Musée de Bourgoin-Jallieu invite à voyager aux quatre coins du monde, à travers des vêtements de fête ou des pièces textiles du quotidien, et découvrir les multiples pratiques et diverses utilisations de la teinture indigo, une couleur séduisante qui traverse le temps.

Résolument intemporel, des vêtements de travail en denim aux vêtements populaires et de fêtes, l’indigo transcende les différences sociales, professionnelles et culturelles. Ce bleu apaisant est au coeur des valeurs universelles que sont la fraternité et la bienveillance.

Musée de Bourgoin-Jallieu - Indigo vestes Musée de Bourgoin-Jallieu - Indigo tissus vestesMusée de Bourgoin-Jallieu - Indigo robes vestes

Quelques techniques
présentées dans l’exposition

BATIK – technique d’impression et de teinture à la réserve de cire, permettant l’obtention d’un motif en négatif. La cire peut être apposée sur le tissu à l’aide d’un stylet, à main levée, ou à l’aide d’un tampon. Une fois la cire séchée, le tissu est immergé dans la teinture, puis mis à sécher, avant d’être trempé à nouveau dans un bain chaud pour faire fondre la cire. Une fois la cire retirée, le motif apparaît donc en blanc sur fond coloré. Cette technique est pratiquée en Inde, au Sri Lanka, en Chine, en Asie du Sud-Est, au Turkestan et en Afrique occidentale.

IKAT – un procédé dans lequel les motifs sont teints sur le fil avant le tissage. Les fils sont montés sur écheveaux, puis des liens sont noués afin de préserver très précisément les parties souhaitées de la teinture. Le procédé est répété autant de fois qu’il y a de couleurs. Le dessin se révèle ensuite au moment du tissage. Si l’Indonésie est le berceau de l’ikat, cette technique très ancienne s’est développée dans de nombreux pays, en Amérique centrale, en Inde ou encore au Japon, où elle est appelée kasuro.

CALANDRAGE – Les minorités chinoises (Miao, Dong, Shui, Buyi…), apprécient les tissus brillants, symboles de beauté et de richesse. Pour que le tissu acquière cet aspect de cuir laqué qui le rend également imperméable, il est d’abord trempé à de multiples reprises dans un bain indigo, séché au soleil puis battu à l’aide d’un maillet, après avoir été enduit de différents ingrédients : blanc d’oeuf, sang de cochon, haricots écrasés, jus de kaki… tout est bon pour enduire, teinter et lustrer !

Musée de Bourgoin-Jallieu - exposition Indigo affiche

KATAZOME et TSUTSUGAKI – Ces deux techniques japonaises d’impression à la réserve, proches du batik, utilisent de la colle de riz à la place de la cire. Pour le katazome, la colle de riz est appliquée à l’aide de pochoirs finement sculptés, les katagami. Pour le tsutsugaki, la colle est appliquée sur le tissu à l’aide d’un cornet avec embout, permettant ainsi de créer des motifs à main levée.

SASHIKO – technique japonaise de matelassage et de broderie qui sert autant à décorer qu’à consolider le kimono. Le procédé consiste à superposer plusieurs couches de coton et à les coudre à l’aide de surpiqûres effectuées avec un fil de coton ou de chanvre. La façon dont sont distribuées les surpiqûres permet à la brodeuse de créer un décor.

SHIBORI – C’est l’équivalent japonais du tie and dye. Les motifs sont réalisés par des attaches préalables effectuées sur le tissu avant teinture : par serrage, nouage, ligature ou couture. Une fois le tissu teint, les attaches sont défaites et le motif apparaît blanc sur fond coloré. Cette technique, souvent associée à l’indigo, est pratiquée au Japon, par les teinturières du pays dogon, les femmes des minorités chinoises, les indiens…

Horaires d’ouverture :  Du mardi au vendredi (sauf jours fériés) De 10h à 12h et de 14h à 18h

 

Musée de Bourgoin-Jallieu / 17 rue Victor-Hugo / 38300 Bourgoin-Jallieu France /Tél : 00334 74 28 19 74
musee@bourgoinjallieu.fr

Musée de Bourgoin-Jallieu - exposition Indigo pots et couleur bleueAffiche exposition : AUTRICHE, main d’un teinturier autrichien, Blaudrucker, tenant un bloc de pigment indigo  //  Photos © Catherine Legrand

 

Visuels : Grand boubou d’homme. Bandes de coton tissées puis assemblées. Broderie de soie. Mali, Burkina ou Nigéria // Expostion indigo au musée de Bourgoin Jallieu – Section Afrique – Section Japon – Section France // Le musée. L’escalier avec des lés de tissu indigo de Chine – Panneau d’accessoires chinois et vietnamiens – Suspension de couvertures chinoises et d’un vêtement  d’enfant – Petite robe d’enfant imprimée  la réserve au tampon. Dessous un boutis provencal en soie surpiquée – Dessus de lit ou tenture du Daguestan // Chine. Vêtements suspendus, portés par les Minoritées Dong ou Miao au Guizhou // Japon. Uniforme de pompier japonais. Derrière un tapis en sakiori ou chutes de lanières de tissu tissées.// Asie Centrale, Inde, Moyen Orient. Suspensions de robes et manteaux du Laddack, Ouzbékistan, Yémen, Syrie, Sind, Balkans. // Mali. Pays Dogon. Canaris de teinture indigo allignés.