Signe de vent IV Jean Otth
Jean Otth Muse parergonale 01
A gauche : Signe de vent IV, 2012, projection video couleur, sans son, 7, 3’48. //
Muse parergonale 01, 2007, projection video couleur, sans son, 7, sur peinture murale, dimensions variables. © Jean Otth

« C’est un feu d’artifice contemporain », annonçait à la presse Bernard Fibicher, directeur du MBCA, mentionnant l’inauguration de trois expositions temporaires : un survol de l’œuvre de Jean Otth, la biennale «Jardin d’Hiver», consacrée à la scène artistique contemporaine vaudoise et L’Espace Projet qui accueille la lauréate du Prix Gustave Buchet 2012, la plasticienne lausannoise Sandrine Pelletier.

Visible jusqu’au 12 septembre 2021, l’exposition consacrée à Jean Otth, né en 1940 à Lausanne et décédé en 2013, propose une présentation d’une œuvre s’étendant sur quelque 50 années de création, toutes techniques confondues : vidéos, peintures, peintures sur miroir et dessins.

Jean Otth Sans titre, 1987
Jean Otth Sans titre (Nice-Matin), 1986

A gauche : Sans titre, 1987, spray acrylique et collage sur papier. Ci-dessus : Sans titre (Nice-Matin), 1986, spray acrylique et collage sur papier journal. © Etienne Malapert, MCBA.

L’artiste, qui a enseigné à l’Ecole cantonale des Beaux-Arts (ECAL) de 1979 à 2002, est un des pionniers de l’art vidéo. Dès la fin des années 1960, il applique les possibilités visuelles qu’offrent les nouvelles technologies : la diapositive comme image projetée et dématérialisée, la télévision et son langage, le caractère expérimental et mouvant de la vidéo.
Peinture sur toile, sur papier, sur miroir, dessinée – au crayon, au spray, à la laque –, manipulée – avec l’aide du moniteur et de la vidéo, plus tard
de l’ordinateur, projetée – au mur, sur du papier, sur des objets, l’image en tant que captation du réel tantôt se donne à voir, tantôt s’absente. 
Ses premiers travaux vidéo prennent pour thème « le langage de la télévision » qui, explique-t-il, « plus que tout autre medium, traite le réel.
Tout y est artifice, tout y est art ». Dans la série intitulée Les Limites, il interroge la « réalité » des images en juxtaposant dans une même vidéo différents types de représentations. 

Vues des dalles d'exposition MCBA
Vues des salles de l’exposition. A droite, limite E, 1963.
Jean Otth. Vues de l'exposition MCBA
Jean Otth La montagne jaune

Les années 1980 marquent chez Jean Otth un retour à la peinture – tant sur toile que sur plastique, souvent réalisée au spray noir à partir d’images vidéo projetées. Otth réutilise souvent des procédés identiques, qu’il transfère d’un médium à l’autre. A la fin des années 1980, dans une série d’oeuvres réunies sous le titre de Partitions, Otth poursuit ses réflexions sur l’espace du tableau, annexant l’environnement de la toile au gré de protocoles soigneusement consignés et rassemblées dans des classeurs.
Parallèlement à son travail de peinture, Otth réalise dès 1985 ses premiers travaux assistés par ordinateur et, dès 1990, projette ces images à l’aide de diapositives sur des objets qui en fixent l’évanescence en un dialogue entre lumière et matière, entre image et support, entre réel et virtuel. Ce qui en résulte apparait comme la fusion de deux éléments habituellement dissociés. Mais comme le dit l’artiste « Au cinéma, n’oublie-t-on pas la matérialité de l’écran pour privilégier l’imaginaire de la projection ? » (Visuel : La Montagne jaune, 1966. Collection Virginie et Philémon Otth).

En 2000, le MCBA consacrait une exposition à Jean Otth intitulée Pudeurs, présentant son retour à la vidéo. A l’aide de projections d’images infographiques, Otth illumine ou oblitère le corps du modèle qu’il est en train de filmer. Pour lui, l’utilisation de la vidéo constitue en soi une première forme de pudeur.
Dans ses dernières séries, qu’il développera jusqu’à son décès en 2013, il revisite notamment l’histoire de la peinture, en ajoutant à celle-ci le mouvement dont l’image fixe – le tableau – l’avait dépourvue.   

Jean Otth
Jean Otth.
Jean Otth.
Jean Otth.

Jean Otth – Les espaces de projection – jusqu’au 12 septembre 2021

Musée cantonal des Beaux-Arts // PLATEFORME 10 // Place de la Gare 16
1003 Lausanne Suisse

www.mcba-ch

Horaires : Mardi – dimanche : 10 h – 18 h // Jeudi : 10 h – 20 h 
Lundi : fermé // Dimanche 1er août : ouvert

Tarifs : Adultes : CHF 20.– / 15.– // Jusqu’à 25 ans : gratuit
Ce billet inclut l’accès à l’exposition Jardin d’Hiver #1 : Comment peut-on être (du village d’à côté) persan (martien)? 
1ers samedis du mois : gratuit //

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