Affiche Le monde des Anges Musée Art Histoire FribourgQui sont les anges ? A l’origine, le terme « ange » désignait un messager. Ils sont tour à tour convoyeurs des morts dans l’autre monde, porteurs ailés de messages divins, guerriers intrépides contre le mal, bambins nus intercédant auprès d’amoureux ou fidèles protecteurs d’hommes en danger… L’exposition Le monde des anges au Musée d’art et d’histoire Fribourg (MAHF), se place en dialogue avec celle de l’Espace Jean Tinguely Niki de Saint Phalle, Mon ange gardien est un oiseau. Ensemble, ces deux manifestations présentent plus de 150 oeuvres, en se proposant d’approfondir les sources, l’évolution et les nombreuses facettes de l’image angélique et des thèmes apparentés. 

Maître aux gros nez (sculpteur Hans ? © MAHF / Francesco Ragusa

Anonyme, Tobias et l’archange Raphaël, Aquarelle et papier découpé, © MAHF / Primula Bosshard

Anonyme, Le Christ au jardin des oliviers © MAHF / Francesco Ragusa L’exposition se décline en huit parties. Elle présente tout d’abord les multiples visages des anges. Alors que dans la Bible, les anges, des envoyés ou des messagers, sont toujours des hommes, ils sont généralement représentés dans la littérature moderne, par exemple chez Goethe, Dickens et Hackl, par des figures féminines. Grammaticalement également, l’ange est de genre masculin, et c’est principalement par l’intermédiaire de la figure de la déesse Niké/Victoria qu’il a acquis sa féminité. La représentation sans doute la plus fameuse de cette divinité est la célèbre sculpture que l’on peut admirer aujourd’hui au Louvre. Elle montre une femme ailée dont la tête et les bras sont perdus. Cette statue a probablement été créée pour commémorer la victoire terrestre et navale remportée en 190 av. J.-C. par les forces pro-romaines contre le souverain syrien Antiochos III.

Les connotations négatives des anges ne sont pas rares. Un exemple tristement célèbre : en raison de ses expérimentations terribles sur les détenus des camps de la mort.

Dans la Bible, les anges apparaissent notamment sous la forme de cavaliers ou d’hommes jeunes dont le rôle de sauveurs ou d’émissaires divins ne se reconnaît qu’après coup. Ils portent un nom propre, tel l’ange Michel (Michaël) qui apparaît dans le livre de Daniel et l’Apocalypse comme le protecteur du peuple de Dieu.

Dans les Evangiles, quelques rares passages évoquent cependant des représentants de la Cour céleste auprès de Jésus. Alors que Jésus priait dans le jardin de Gethsémani pour que son Père éloigne de lui la coupe de la Passion, saint Luc évoque l’apparition, «venant du ciel, d’un ange qui le réconfortait ».

C’est en Egypte que sont attestées pour la première fois des créatures protégeant des hommes de leurs ailes. Il s’agit surtout de la déesse Isis, qui préserve des dangers son fils Horus ou ranime du souffle de ses ailes son époux assassiné Osiris. Dans la religion chrétienne, les hommes – en particulier les enfants – sont protégés par des anges. Les images d’anges gardiens ne deviennent toutefois courantes qu’à partir du XIXe siècle.

Amour assis tenant une colombe © BOM / Primula Bosshard

Les chérubins et les séraphins sont des sortes de gardes du corps à l’effet dissuasif. Êtres hybrides, ils incarnent le troublant, le dangereux. La Bible appelle «chérubin» un lion ailé androcéphale, une créature hybride dont l’origine est le sphinx égyptien.

Considéré comme le plus jeune des dieux, le dieu gréco-romain Eros/Amor était représenté sous l’aspect d’un adolescent aux traits enfantins. Les angelots (putti) et anges musiciens, qui peuplent par milliers l’iconographie chrétienne et rayonnent d’une joie céleste, n’ont pas d’ancêtres bibliques. Ils sont les descendants directs d’Eros/Amor.

 

Le Monde des Anges jusqu’au 28 février 2018
Musée d’art et d’histoire Fribourg  / Rue de Morat 12  / CH-1700 Fribourg / Tél. : 026 305 51 40

www.mahf.ch 

 

Visuels : Maître aux gros nez (sculpteur Hans ?), Anges aux armes de la Famille Python, 1507, Grès et polychromie, © MAHF / Francesco Ragusa // Anonyme, Tobias et l’archange Raphaël, troisième tiers du XVIIIe siècle, Aquarelle et papier découpé, © MAHF / Primula Bosshard // Anonyme, Le Christ au jardin des oliviers, deuxième quart du XVIe siècle, Liant huileux sur bois, © MAHF / Francesco Ragusa // Amour assis tenant une colombe, attribut de la déesse de l’Amour, Empire romain, 100-300 apr. -C, Bronze, © BOM / Primula Bosshard

 

Voir exposition mon ange gardien et un oiseau : https://www.fykmag.com/fribourg-musee-dart-et-dhistoire-le-monde-des-anges/