Stefan Brijs Taxi CuraçaoCuraçao, Caraïbes, 1961. Poussé par son père, chauffeur de taxi, Max Tromp, 12 ans, débarque un matin dans la classe du frère Daniel à bord du taxi rutilant de son père. Très vite l’élève rêve de devenir enseignant et Frère Daniel compte bien l’y aider. Mais rien ne se passe comme prévu…
Du haut de ses 12 ans, Max est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais dans cette île étranglée, il est vite rattrapé par son destin et n’a bientôt d’autre choix que de reprendre le volant de la Dodge Matador paternelle. Tandis que les années s’égrènent, Max, père à son tour, croit déjouer le sort quand son fils prend le chemin de l’école. Les Tromp parviendront-ils enfin à échapper à leur condition ?
À travers cette chronique sur trois générations, Taxi Curaçao dresse un portrait coup de poing d’un pays qui porte les stigmates de la colonisation et semble condamné à la corruption et à la pauvreté. Brijs, l’un des plus grands conteurs belges, livre un texte puissant, à la fois tendre et violent, qui ne cesse d’osciller entre amour et haine, culpabilité et rédemption.

“Par quoi commencer ? Par qui? Par Max, dont l’avion décolle en ce moment même de Hato, et qui ne va pas tarder à voir sous lui, sur la terre ferme, les barreaux rouges et bleus des néons derrière lesquels sont détenues les filles de Campo Alegre ?

Ou par son père Roy qui, à l’heure présente, a déjà été reconduit dans son lit et fixe le portrait de sa femme Myrna sous l’éclairage de la rue qui filtre par les stores à moitié baissés de sa petite chambre ?

« C’était une femme bonne, vous savez, frère, and ooooh so pretty. »

Ou par Sonny, le fils de Max, qui est certainement en train de lever les yeux de sa montre pour les diri- ger vers le ciel, à la recherche d’une lumière clignotante qui ne va pas tarder à progresser, entre les étoiles, vers le nord ?

Non. Plutôt commencer par une chanson d’enfants, un vieil air antillais qu’un groupe de personnes âgées a chanté, bafouillé, baragouiné ce matin dans la grande salle de Huize Welgelegen où Max était venu dire au revoir à son père…”

Ce magnifique roman exalte le courage et le dévouement, même si le désespoir est toujours en toile de fond.

Stefan Brijs / Taxi Curaçao

Editions Héloïse d’Ormesson

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